STUDIO CASANOVA

CRÉATION

Petit triptyque de la dévoration

Trois metteurs en scène, trois regards, trois portes qui s’ouvrent sur un univers, une écriture, trois histoires qui travaillent le même motif, celui de la possession, du vampirisme. Après les avoir mises en espace la saison dernière, nous avons eu le désir de continuer l’aventure et de proposer au public ces trois pièces, jouées séparément ou ensemble – comme un triptyque.

Marie NDiaye écrit dans une langue claire, quasi-classique. Ses textes sont à la fois étranges et réalistes, “ d’un réalisme exagéré “, comme elle le dit elle-même. “ J’aime bien, dans les histoires, essayer d’aller jusqu’à ce que je conçois comme les limites du supportable. Tout en restant plausible. A peu près “.
Angoissants, ironiques, fantastiques, ces contes cruels brisent toute imagerie naïve de l’existence. Les relations humaines se réduisent à un rituel de dévoration : manger, être mangé. “ J’invoque le fantastique pour alléger cette cruauté, pour que les choses frappent moins durement “.
Les personnages de Marie NDiaye sont des gens ordinaires, qui habitent des maisons
ordinaires. En fait, ils se comportent comme des vampires. La famille,
la maison deviennent des lieux de perdition, de destruction de tous les êtres et surtout des enfants. La famille comme “ une grande bouche d’ogre, mais pas nécessairement maléfique. On peut des fois s’y sentir bien et des fois avoir envie de la fuir. C’est une chose qui dévore “.

Née à Pithiviers, d’une mère française et d’un père d’origine sénégalaise,
Marie NDiaye publie son premier ouvrage, Quant au riche avenir, à l’âge de 17 ans.
Auteur de 7 romans, dont Rosie Carpe - Prix Fémina en 2001 - et de plusieurs pièces de théâtre,
dont Papa doit manger - joué à La Comédie Française en 2003.
Elle a fait paraître aux Editions de Minuit Quant au riche avenir, La femme changée en bûche,
En famille, Un temps de saison, La sorcière, Hilda, Rosie Carpe, Papa doit manger,
Tous mes amis, Les Serpents
, aux Editions P.O.L. Comédie classique,
au Mercure de France Autoportrait en vert, aux Solitaires Intempestifs Rien d’humain
et aux Editions Gallimard Mon cœur à l’étroit et Puzzle avec Jean-Yves Cendrey