FOUCAULT 71
| COLLECTIF F71
FEB 18 > MAR 03 2012 / Auditorium Antonin Artaud - Médiathèque
Entrée libre pour les trois spectacles - réservation indispensable
FOUCAULT 71 - feuilleton théâtral en 3 épisodes
adaptés spécialement pour l’Auditorium Antonin Artaud
Le collectif F71 réunit cinq comédiennes et metteurs en scène :
Sabrina Baldassara, Stéphanie Farison, Emmanuelle Lafon, Sara Louis,
Lucie Nicolas et Thérèse Coriou, directrice de production.
Il
s’appuie sur l’œuvre et la figure du philosophe Michel Foucault pour
construire un feuilleton théâtral en trois volets. Après Foucault 71,
portant sur l’engagement militant en 1971 et La Prison, sur
l’institution carcérale et les stratégies disciplinaires qui en
découlent, le collectif F71 crée Qui suis-je maintenant? à partir du
texte La vie des hommes infâmes.
Samedi 18 février - 16h
Premier épisode : Foucault 71
Foucault 71 : il
donne à voir et à entendre une réflexion sur les différents modes
d’interventions discursives dans l’espace public : l’émission
radiophonique, la conférence de presse, la manifestation, la leçon,
l’entretien... Le propos n’est pas de dire que les années 70 ne sont
pas finies mais qu’il y a là quelque chose de précieux qu’il convient
d’entendre, quelque chose qui est à la fois révolte, joie, résistance,
désir. Pour le dire autrement : Foucault 71 encourage.
Philippe Artières, historien
A
partir de documents issus directement de l’œuvre de Foucault, ou
périphériques (archives sonores, manuscrites, visuelles), le travail est
axé sur des prises de paroles publiques. Puis ont été collectées
d’autres paroles émanant d’acteurs de l’époque ou d’aujourd’hui.
L’assemblage de ces matières dans le lieu du théâtre permet de passer de
la petite histoire à la grande.
Foucault 71, à la manière d’une
chronique, dresse un portrait du militantisme des intellectuels de
l’après-mai 68 et nous donne l’occasion d’explorer nos propres
questionnements aujourd’hui.
Samedi 25 février - 16h
Deuxième épisode : La Prison
variation pour une comédienne spécialement conçue pour l’Auditorium Antonin Artaud
La prison est le seul endroit où le pouvoir peut se manifester à
l’état nu dans ses dimensions les plus excessives, et se justifier comme
pouvoir moral. (...) C’est ça qui est fascinant dans les prisons, que
pour une fois le pouvoir ne se cache pas, qu’il ne se masque pas, qu’il
se montre, comme tyrannie poussée dans les plus infimes détails,
cyniquement lui-même .
Entretien de Michel Foucault avec Gilles Deleuze
À
l’instar de Michel Foucault dans Surveiller et Punir, le collectif
interroge la prison, en tant que bâtiment, en tant qu’institution
carcérale, son fonctionnement, son rôle dans la société, en se plaçant
non pas de l’intérieur de la prison, du point de vue du prisonnier, mais
plutôt de l’extérieur. Comment questionner la prison en la replaçant
dans un contexte historique, social ou géographique ?
Quelle est
donc la fonction de la prison à la fois contestée et immobile depuis sa
naissance ? Comment concentre-t-elle les rapports de pouvoir à l’œuvre
dans notre quotidien ? Quels dispositifs, mis en œuvre dans l’instution
carcérale, ont également cours à l’extérieur ?
Quels sont les individus dits “dangereux”, les populations “coupables” ?
Samedi 3 mars - 16h
Troisième épisode : Qui suis-je maintenant ?
variation autour du spectacle
spécialement conçue pour l’Auditorium Antonin Artaud
Librement écrit à partir d’un texte de Foucault de 1977 : La vie des hommes infâmes.
C’est
la préface à un livre rêvé dans laquelle Foucault fait le projet de
présenter une “ anthologie d’existences “, une collection d’archives qui
l’ont ému autant sinon plus que des œuvres littéraires. Des vies de
gens ordinaires qui se sont un jour heurtés au pouvoir et dont tout ce
qui nous reste réside dans ces quelques mots, ces archives. Il veut en
faire un “ herbier “ de vies singulières.
Ce que souligne
Foucault, c’est le pouvoir des mots. Quel pouvoir réel ont les mots sur
les vies quand il s’agit, pour le petit savetier du 18ème siècle aux
prises avec des problèmes de couple, de convaincre le Roi de faire
enfermer sa propre femme, par l’intermédiaire d’une lettre de cachet par
exemple ? Mais aussi quel pouvoir poétique détiennent ces bribes du
passé qui parviennent jusqu‘à nous ?
Pourquoi un collectif ?
Quand les gens suivent Foucault, quand ils sont passionnés par
lui, c’est parce qu’ils ont quelque chose à faire avec lui, dans leur
propre travail, dans leur existence autonome. Ce n’est pas seulement une
question de compréhension ou d’accord intellectuel, mais d’intensité,
de résonance d’accord musical. Gillles Deleuze, Pourparlers
C’est au fil du travail que notre organisation collective s’est révélée. Ce sont des choix artistiques qui nous ont mené au collectif
et parmi ceux-ci :
- le plaisir de partager la responsabilité de la création.
- l’envie de mêler ses idées à celles des autres : dans le collectif, tout circule, nous rebondissons sur les propositions des unes pour se les approprier et les transformer. Pour finir, elles sont passées par tant de mains qu’elles appartiennent à tout le monde.
Nous ne voulons pas dire qu’il n’y a pas de raison ni de résonance politique à se constituer en collectif. Ces raisons existent et elles ont sans doute participé à notre engagement individuel dans le collectif. Cette forme de travail est en soi un geste politique.
Si ce collectif s’est constitué, c’est aussi et surtout que nous partageons des interrogations communes qui ont trouvé un écho dans la pensée de Michel Foucault. Ces textes que nous ne connaissions pas, ressurgis des années 70, nous ont frappés par leur résonance avec notre actualité, par leur capacité à questionner le réel. A trente ans d’écart ces textes parlaient de nous. Nous avons eu l’impression qu’ils nous étaient adressés : la pensée de Foucault fonctionne comme une boîte à outil, chacun peut s’en saisir, la prolonger et en faire usage dans son domaine.
Il se trouve que certaines formes d’engagement auxquelles a participé Michel Foucault coïncident étonnamment avec le fonctionnement de notre collectif. Il y a vraisemblablement une porosité entre notre matériau et l’acte de création qu’il génère.
Foucault cherche à faire apparaître ce qui est si proche, si immédiat, si intimement lié à nous-mêmes qu’à cause de cela nous ne le percevons pas. Il démonte une connaissance, cherche à comprendre comment se construit un point de vue. Il nous donne les clés pour interroger nos propres manières de voir. Réveiller le regard, c’est bien redonner à chacun la part active qu’il peut prendre au monde. Cette question du regard traverse aussi la représentation dans le lien sensible qui se tisse entre acteurs et spectateurs. C’est à ce point précis de la pensée de Foucault que nous nous sommes attachées. Notre désir a été de hisser ces textes et plus généralement cette pensée dans le champ du théâtre.
Le collectif F71
conception
et mise en scène
Sabrina Baldassarra
Stéphanie Farison
Emmanuelle Lafon
Sara Louis
Lucie Nicolas
scénographie
Jane Joyet
et le collectif F71
(pour La Prison)
Denis Gobin
et le collectif F71
(pour Qui suis-je maintenant?)
lumières
Frank Condat
et Daniel Levy
(pour Foucault 71
et La Prison)
Denis Gobin
(pour Qui suis-je maintenant?)
musique
Fred Costa
(pour Qui suis-je maintenant? et La Prison)
et Frédéric Perol
(pour Qui suis-je maintenant?)
costumes
et collaboration à la scénographie
Magali Murbach
(pour Qui suis-je maintenant?)
assistanat
à la mise en scène
Estefania Castro
(pour Qui suis-je maintenant?)
régie générale
Virginie Galas
et Sylvain Debell
(pour La Prison)
direction de production
Thérèse Coriou
conseil pour la production
et la diffusion
Daniel Migairou
avec
Sabrina Baldassarra
Stéphanie Farison
Emmanuelle Lafon
Sara Louis
Lucie Nicolas
et Fred Costa
(pour Qui suis-je maintenant?)
Le Théâtre des Quartiers d’Ivry et la Médiathèque d’Ivry poursuivent leur cycle de mises en espace consacré à l’écriture théâtrale contemporaine et proposent une série de rendez-vous à l’Auditorium Antonin Artaud
Les spectacles présentés à l’Auditorium Antonin Artaud sont co-réalisés par la Médiathèque d’Ivry et le Théâtre des Quartiers d’Ivry
Coproduction : La Concordance des temps – Collectif F71, Théâtre-Studio (Alfortville),
Arcadi (Action régionale pour la création artistique et la diffusion en Ile de France), Le Studio-Théâtre (Vitry), Le Carré, Scène Nationale de Château Gontier, Le Collectif 12, Le Théâtre du Crochetan.
Avec l’aide à la production de la Drac Ile-de-France, avec le soutien de l’Adami, de la Spedidam.
Avec la collaboration du SPIP 94 et le soutien du 104, coréalisation Théâtre de l’Aquarium.
Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National.
FOUCAULT 71
| COLLECTIF F71
FEB 18 > MAR 03 2012 / Auditorium Antonin Artaud - Médiathèque
Le collectif F71 s’est lancé dans
une aventure théâtrale remarquable autour de l’œuvre du philosophe Michel
Foucault. Elle en présente le résultat (provisoire) : trois spectacles autour
de l’engagement politique, de la prison et de la folie, témoignant d’une
recherche esthétique en évolution. Entre le documentaire et le sensible
Les adeptes de Foucault n’apprendront
peut-être pas grand-chose de cette trilogie. Et c’est mieux ainsi: pas de
réinterprétation de l’oeuvre, ni de méta-analyse, mais simplement le courage
pour ce collectif d’avancer à la rencontre d’un matériau complexe et stimulant
qui nourrit la pensée contemporaine. Le célèbre Surveiller et punir habite
largement La Prison. Quelques épisodes de l’engagement intellectuel militant
post-68 rythment un Foucault 71 où l’on croise Deleuze, Sartre, Glücksmann,
Domenach, entre autres figures mythiques d’une époque que font revivre ces cinq
jeunes femmes nées dans les années 70. Le dernier opus part de La vie des
hommes infâmes, livre rêvé par Foucault autour de figures d’inconnus réprouvés
par les Institutions. Et dans un climat onirique et baroque qui fait parfois
penser à Genet, il évoque les études de Foucault sur la folie et son incessant
travail pour montrer que le langage est un instrument primordial du pouvoir.
(Re)découvrir quelques pans de cette pensée si importante suffisait à justifier
un tel projet. Mais ce théâtre qui cherche à transmettre un héritage tout en se
l’appropriant jette aussi des ponts entre les genres et les époques, et ouvre
sur une recherche esthétique, entre le documentaire et le sensible, que F71
mène intelligemment sans jamais se départir d’une émouvante fragilité.
Eric Demey – La Terrasse
Trois pièces autour de la
thématique carcérale chez Foucault. Décourageant ? Rébarbatif ? Ennuyeux ? Loin
de là. Première surprise : le collectif F71 est constitué de cinq trentenaires
qui accueillent leur public en jupes et tee-shirts colorés. Foucault 71
commence et voilà qu’un imperméable, un accent ou une posture les jettent dans
la peau de Michel Foucault, Denis Langlois, Claude Mauriac, Gilles Deleuze -
surprenante Stéphanie Farison. Elles rejouent les trois épisodes précédemment
exposés à la faveur de montages d’archives radio ou télé et de reconstitutions
d’entretiens, de conférences de presse, de manifestations ou de prises de
parole publiques. Si elles avouent que ces textes qu’elles ne connaissaient
pas, ressurgis des années 70, les ont frappé par «leur résonance avec notre
actualité, par leur capacité à questionner le réel», elles évitent l’écueil
trivial du militantisme soixante-huitard, et regardent bien plutôt cette époque
avec distance et amusement. Une époque où l’ancêtre du powerpoint était le
rétroprojecteur, véritable trouvaille de mise en scène, sorte de troisième oeil
tantôt intrusif tantôt espiègle, dont l’utilisation, récurrente au long des
trois pièces, dessine un décor, présente les intervenants ou les documents
utilisés et confère une patine surannée à des
situations semi caricaturales.
Si le public choisit d’assister à La Prison, il
prendra place dans l’un des quatre groupes de chaises où les spectateurs
peuvent se surveiller les uns les autres, parmi lesquels les comédiennes
déambulent, les voix circulent, les cris rebondissent et la lumière se fraie un
chemin.
Qui suis-je maintenant ? achève
la série et continue de surprendre. Nous étions habitués à un travail appliqué,
voilà que la première apparition sur scène place cette création sous le signe
de l’onirisme, voire de la démence. Si la pièce fait ouvertement référence à La
vie des hommes infâmes, on pense aussi à Histoire de la folie. L’énergie
précédemment politique des actrices devient poétique. «Jean-Antoine Touzard,
récollet, apostat, séditieux, capable des plus grands crimes, sodomite, athée
si l’on peut l’être, c’est un véritable monstre d’abomination». Habitées par
l’esprit de ces gens «infâmes», vulgaires au sens littéral, elles scandent ces
fragments d’existences calomniées qui avaient tant marqué Foucault : «De
l’homme à l’homme vrai, le chemin passe par l’homme fou». Sans doute le
collectif F71 donne-t-il adroitement à entrevoir certaines de ses vérités,
agrémentées d’une pointe de folie.
Noémie Sudre – Le Magazine
Littéraire
Le collectif théâtral F71 crée un
théâtre de questionnement politique et philosophique à partir de textes
militants écrits par Michel Foucault dans les années 1970. Le spectacle
s'appuie sur des documents d'archives, des bribes de conférences de presse ou
d'entretiens. II fait revivre de manière audacieuse et incisive le climat
foisonnant et intense de cette période. Les cinq femmes en jupe et tee-shirt ne
cherchent pas à mimer les Foucault Deleuze, Mauriac qu'elles font revivre, mais
elles sont si imprégnées de l'esprit de cette époque qu'elles en captent les
gestuelles et les tics. Elles savent aussi s'appuyer sur des textes
contemporains et faire apparaître les contradictions, les limites et les
illusions de ces mouvements intello-politiques de l'époque. La précision et
l'intelligence de leur montage, leur énergie déterminée sur la scène éclairent
le regard et permettent la réflexion. Un spectacle vivant et roboratif
LA PRISON
Deuxième volet du collectif F71,
ce spectacle s'appuie sur la manière qu'avait Michel Foucault de questionner
les institutions du pouvoir II s'agit précisément ici d'interroger ce qu'est
l'univers carcéral ses conditions de vie, son histoire, les débats qu'il a
suscités, son évolution depuis le panoptique inventé par Jeremy Bentham,
ancêtre de la vidéosurveillance jusqu'au bracelet électronique. Que signifie
"enfermer" ? Que signifie "surveiller" ? Là encore, ce
théâtre ne propose pas de réponses, seulement des
questions qui suscitent la réflexion. Un théâtre artisanal qui bouge sans cesse
dans les travées d'un dispositif en rond, qui manipule toutes sortes d'objets,
qui multiplie les angles de vue. Un théâtre qui donne forme sur la scène au
questionnement en rhizomes des philosophes structuralistes et donne à entendre
une pensée toujours vivante.
Sylviane Bernard-Gresh – Télérama
Sortir
FOUCAULT 71
| COLLECTIF F71
FEB 18 > MAR 03 2012 / Auditorium Antonin Artaud - Médiathèque
February
| Date | Horaire | Lieu |
|---|---|---|
| Sa 18 | 16:00 | Auditorium Antonin Artaud - Médiathèque |
| Sa 25 | 16:00 | Auditorium Antonin Artaud - Médiathèque |
March
| Date | Horaire | Lieu |
|---|---|---|
| Sa 03 | 16:00 | Auditorium Antonin Artaud - Médiathèque |

