Théâtre des Quartiers d’Ivry

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INVISIBLES

MIROIRS D’ALGÉRIE

NASSER DJEMAÏ

05 > 15 MAR 2014 / Studio Casanova

DRISS (se rasant)
Si Allah le veut, quand je passe devant le juge, ils vont payer toute ma retraite d’un seul coup. D’abord je vais régler toutes les dettes, comme ça c’est respect. Et après, je vais revenir au pays, et là je vais ouvrir plusieurs commerces. Des commerces et un cinéma, parce que j’aime bien Charles Bronson.


L’histoire
Martin débarque dans un nouveau monde pour retrouver la trace d’un père inconnu. Il a dans les mains un coffret, et dans la tête les derniers mots de sa mère qui cachent de lourds secrets. C’est ici qu’il va découvrir le rude quotidien de ces hommes, ces " Chibanis" qui ne sont plus d’aucun monde, Invisibles ici, en France, et dans leur pays d’origine.

Une mémoire apaisée
Parler de ces Chibanis* venus d’Afrique du Nord, après la Seconde Guerre mondiale, c’est remonter soixante années d’histoire. Tout le monde connaît la souffrance de ces hommes et l’exploitation industrielle dont ils ont fait l’objet.
Devant ma page blanche, un puits sans fond. Des ombres m’attendaient les bras ouverts : la colonisation, les deux guerres mondiales, la guerre d’Indochine, la guerre d’Algérie, les trente glorieuses, les conditions de travail en France, le regroupement familial, l’arrivée des femmes, des enfants, la vie dans les bidonvilles, le mythe éternel du retour au pays, les répressions sanglantes, le racisme, le début de la crise économique, la naissance des cités… J’ai fait le choix de parler uniquement des hommes venus en France sans leur famille, car la vie de ces Chibanis est une double tragédie. D’abord l’arrachement de ces hommes à la terre natale, à la famille, pensant fuir une misère pour finalement en trouver une autre plus froide encore. Ensuite le temps a fait de ces hommes, des vieux célibataires, sans famille, sans patrie, bien souvent isolés, malades et aussi pauvres que lorsqu’ils sont arrivés.
Je ne pouvais parler de cette histoire sans inclure les récits de mon père, mes différentes enquêtes menées à travers les foyers de vieux immigrés, les cafés, les mosquées, les montées d’immeubles et différents ouvrages traitant de ce sujet…
J’avais besoin d’une mémoire apaisée pour débarrasser ces hommes de leur image de victime. Voilà peut-être le début de ma démarche, avancer par petites touches, avec délicatesse et distance. Nasser Djemaï

*Cheveux blancs, en arabe


Production déléguée MC2 : Grenoble.
Coproduction MC2 : Grenoble, Maison de la Culture de Bourges, Le Granit - Scène nationale
de Belfort, Repères - Groupe de Création Artistique, Théâtre Liberté - Toulon, Théâtre Vidy-Lausanne, Le domaine d’Ô (domaine départemental d’art et de culture, Hérault) - accueil en résidence.
Recueil de la parole en collaboration avec L’association Fraternité - Teisseire (Grenoble) et le Foyer Adoma de Grenoble, D’cap (Echirolles).
Accueil en résidence d’écriture au Sémaphore à Cébazat, Pieter Smith France.
La Cie Nasser Djemaï est subventionnée par la Drac Rhône Alpes, la Région Rhône Alpes, le Conseil Général de l’Isère et la Ville de Grenoble.

Le texte Invisibles, la tragédie des chibanis a reçu l’Aide à la création du Centre national du Théâtre, le soutien de la SACD à l’auteur, de l’association Beaumarchais. Il est publié aux Editions Actes Sud-Papiers.Ce projet a bénéficié du dispositif SACD et SYNDEAC : EN 2011, PASSEZ COMMANDE !

durée : 1h40

texte et mise en scène
Nasser Djemaï
dramaturgie
Natacha Diet
assistante à la mise en scène
Clotilde Sandri
musique
Alexandre Meyer
Frédéric Minière
scénographie
Michel Gueldry
lumière
Renaud Lagier
création Vidéo
Quentin Descourtis
costumes
Marion Mercier
maquillage
Sylvie Giudicelli
régie générale et son
Frantz Parry
régie lumière
François Touzet
régie plateau et vidéo
Dominique Bolle

avec
David Arribe
Angelo Aybar
Azzedine Bouayad
Azize Kabouche
Kader Kada
Lounès Tazaïrt
et la participation de
Chantal Mutel

Le texte est publié aux Editions Actes Sud-Papiers.

INVISIBLES

MIROIRS D’ALGÉRIE

NASSER DJEMAÏ

05 > 15 MAR 2014 / Studio Casanova


RENCONTRE avec l’équipe artistique
suivie d’une signature du texte de la pièce par Nasser Djemaï

au Studio Casanova
> samedi 8 mars à l’issue de la représentation

INVISIBLES

MIROIRS D’ALGÉRIE

NASSER DJEMAÏ

05 > 15 MAR 2014 / Studio Casanova

"INVISIBLES" MAIS LUMINEUX
Nasser Djemaï donne une existence scénique aux immigrés algériens de la première génération. Quelle est l’étrange force d’Invisibles? Le jeune auteur a réussi un pari trop rare dans le théâtre français : entrer dans le vif d’un sujet de société, appuyer là où ça fait mal et faire rire en même temps.
Clarisse Fabre - LE MONDE

LES "INVISIBLES" GAGNENT À ÊTRE VUS
Nasser Djemaï raconte avec pudeur ces maghrébins devenus des retraités fantômes en France. Quatre homme en communion, assis dehors comme au spectacle ou autour de la table en formica du foyer vétuste à jouer aux dominos, ou perdus dans une pile de paperasses. Ses acteurs, tout bonnement authentiques, évitent la caricature par leur chaleur et leur humour. La pièce, qui tourne avec succès depuis quelque temps, a la qualité et la profondeur du témoignage. Pas de pathos déplacé. Le cercle des invisibles se tient fier et droit devant les spectateurs, renvoyés à eux-mêmes.
Frédérique Roussel - LIBÉRATION

POUR L’AMOUR DES CHEVEUX BLANCS
Nasser Djemaï a écrit et mis en scène Invisibles, où s’aillent avec bonheur la justesse sociologique et un lyrisme pudique. Récit initiatique mené sur un mode poétique indéniable, sous lequel se faufile en sourdine une réflexion d’ordre politique irréfutable, la réalisation d’Invisibles, qui constitue sans conteste un pas au-delà bénéfique dans notre univers dramaturgique, témoigne à l’envie de l’essence du talent de Nasser Djemaï, dont on n’ignore pas qu’il est également un acteur de valeur.
Jean-Pierre Léonardini - L’HUMANITÉ

UNE HARMONIEUSE PARTITION
De souvenirs entendus en paroles récoltées aux portes des cafés, des mosquées ou des foyers Sonacotra de triste réputation, Nasser Djemaï a reconstruit leurs mémoires. Fort de cette palette bien fournie, il a pu enrichir ces silhouettes jusqu’à en faire de vrais personnages de théâtre.
Emmanuelle Bouchez - TÉLÉRAMA

CHEVEUX BLANCS SANS RACINES
Le théâtre français, heureusement, s’est quelquefois intéressé au sort des travailleurs algériens en France. Il y a même eu de très belles pièces mais Invisibles, de Nasser Djemaï, est sans doute l’une des plus saisissantes, parce qu’elle est un admirable moment de théâtre.
Gilles Costaz - POLITIS


JOLI DÉFI RELEVÉ
Il ne s’agit pas d’un pamphlet démonstratif qui surcharge son propos d’accents affligés, mais d’une esquisse impressionniste ravivant à petites touches cette mémoire douloureuse. Sa force ? Ne jamais présenter ces êtres blessés comme des victimes, mais comme des combattants du quotidien. Djemaï ne surplombe pas ses personnages, il règle sa mise en scène à leur hauteur, slalome entre les écueils simplistes pour mieux disséquer les parcours intimes de Driss, Hamid, Majid et Shériff, veillant sur leur vieux camarade mourant El Hadj.
A NOUS PARIS

LES IMMIGRÉS FANTÔMES
Représenter sur scène le drame des travailleurs immigrés à la retraite, hantant la ville tels des spectres invisibles, était un sacré défi. Relevé avec brio par le jeune homme de théâtre. L’essentiel est qu’on suit avec une intensité peu commune et une conscience douloureuse cette "Tragédie des Chibanis". Tragédie du racisme, de la solitude, de l’absurdité des rapports sociaux dans nos villes, à nos portes. Quand le théâtre dit le monde mieux qu’un documentaire, c’est qu’il rime avec art. Bravo, Nasser Djemaï.
Philippe Chevilley - LES ECHOS

UN RIDEAU QUI S’OUVRE SUR UNE RÉALITE OCCULTÉE
Pudeur et distance s’inscrivent en creux du texte qui donne à entendre la voix de ces travailleurs qui ont laissé un pays, une famille et qui ont pour seuls liens, les plus solides peut-être, ceux de la fraternité et de la solidarité. Rien d’appuyé, de culpabilisant, juste à la manière d’un rideau qui s’ouvre sur une réalité occultée. Le ton est toujours juste, comme les interprètes, la mise en scène sobre à l’image de ces chibanis rendus enfin visibles.
Annie Chénieux - LE JDD.FR

UNE TROUPE MAGNIFIQUE
Tendre et chaleureux, le spectacte réunit une troupe magnifique d’acteurs d’origine maghrébine. Ils sont cinq sur scène, tous extraordinaires et prêtent leur humanité débordante à ces portraits de Chibanis plus vrais que nature. David Arribe (Martin) joue avec délicatesse ce fils en mal de paternité qui doit vite se rendre à l’évidence qu’il ne pourra jamais comprendre leur monde et devra se contenter du rôle de témoin impuissant dans l’incapacité d’infléchir la tragédie de leur destin de sacrifiés.
Patrick Sourd - EVENE.FR

UNE MAGNIFIQUE QUÊTE DE SENS ET DE VÉRITÉ À NE RATER SOUS AUCUN PRÉTEXTE
A l’occasion de son évènement Miroirs d’Algérie, le Théâtre des quartiers d’Ivry nous gratifie d’une reprise exceptionnelle du texte bouleversant de Nasser Djemaï « Invisibles ».
Succès phénoménal de début de saison à Paris et en tournée depuis dans toute la Françe, ce spectacle donne à entendre la voix des chibanis, ces travailleurs de l’ombre perdus entre deux pays.
La mise en scène propose de multiples pistes de lectures. Nasser Djemaï entraine le spectateur dans une narration haletante entrecoupée de brefs suspens,des bribes d’émotions pures,  les instants de vie des Chibanis. L’intrigue romanesque est traitée de manière presque cinématographique notamment dans la scénographie.
Avec délicatesse et sensibilité, Nasser Djemaï maintient ainsi le spectateur dans une atmosphère poétique permanente qui contredira le côté terre-à-terre du propos.
La distribution est à la hauteur du défi. Le chœur des Chibanis est interprété avec maestria par Angelo Aybar, Azzedine Bouayad, Azize kabouche et Kader Kada. Chacun est tour à tour mis dans la lumière et livre une confession poignante sur son histoire. Le deuxième monologue d’Angelo Aybar vous prendra aux tripes, soyez en sûrs ! Lounès Tazaïrt dans le rôle de Driss incarne parfaitement un relais bienveillant entre les deux mondes, entre le songe et la réalité. David Arribe joue également une partition sans défaut, sa voix et son phrasé détaché illustre avec précision l’état d’égarement dans lequel Martin se trouve. Propulsé malgré lui dans ce monde inconnu il sera hagard et extrêmement touchant de bout en bout, son regard cherchant en vain le sens. C’est du théâtre qui chamboule, du théâtre qui laisse une empreinte et des images indélébiles, du théâtre qui fait du bien !
Audrey Jean - THÉÂTRES.COM

INVISIBLES

MIROIRS D’ALGÉRIE

NASSER DJEMAÏ

05 > 15 MAR 2014 / Studio Casanova

Mars

Date Horaire Lieu
Me 05 20:00 Studio Casanova
Je 06 19:00 Studio Casanova
Ve 07 20:00 Studio Casanova
Sa 08 20:00 Studio Casanova
Di 09 16:00 Studio Casanova
Ma 11 20:00 Studio Casanova
Me 12 20:00 Studio Casanova
Je 13 19:00 Studio Casanova
Ve 14 20:00 Studio Casanova
Sa 15 20:00 Studio Casanova

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