Théâtre des Quartiers d’Ivry

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LE MOCHE - VOIR CLAIR - PERPLEXE

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MARIUS VON MAYENBURG | MAÏA SANDOZ

09 > 22 MAR 2015 / Studio Casanova

“ Tout est mensonge, sans exception, parce que Dieu lui-même ment, il n’est pas mort, et il n’est pas non plus allé pisser, mais il ment comme un forcené, et le monde n’est même pas un objet, mais juste de l’information sur un objet, et même sur un objet qui n’existe même pas, et ça c’est le point décisif, devant ta caverne, il n’y a rien, tu continues à penser que nous devrions quitter la caverne, parce qu’il y a quelque part là dehors une vraie, véritable vérité qui attend d’être reconnue, mais il n’y a rien, il n’y a pas de vérité, la vérité n’existe pas, n’a jamais existé, elle n’est pas encore venue au monde, parce que le monde auquel elle pourrait venir n’existe même pas ” Perplexe

J’ai souhaité créer un seul spectacle avec ces trois pièces, pour proposer aux spectateurs une traversée dans une partie de l’oeuvre de Mayenburg.
Le Moche
, Voir clair et Perplexe coexistent de manière cohérente et se nourrissent les unes les autres : elles sont fortement liées entre elles (de manière vertigineuse, kaléidoscopique) par un fil invisible, comme une illusion d’optique dont on saisit peu à peu le fonctionnement. Dans les trois pièces, on retrouve des glissements de temps, d’espace et d’identité des personnages. En revanche, elles sont très différentes quant à leur format, leur ton, structure dramatique, durée, nombre de personnages, genre, rythme, ce qui rend jubilatoire leur association.
Des pièces qui parlent aussi du théâtre et de la représentation : Je vois dans cet ordre précis, la possibilité de proposer un glissement jubilatoire et inéluctable (Le Moche), vers le coeur noir d’une fiction pure (Voir clair), et son échappée belle absurde (Perplexe). Cela nous permet simplement de construire et déconstruire une représentation à vue, avec la complicité des spectateurs et celle indirecte de l’auteur.
Je rêve cette trilogie à la fois comme un excitant intellectuel et comme une fresque sauvage haute en couleurs, un jeu libre, des décors, des costumes, des sons comme un mélange d’attirance et de peur où nous retrouverons la passion du théâtre dans ce qu’elle a de plus viscéral et la fascination pour l’illusion dans ce qu’elle a de plus dérangeant.
Maïa Sandoz

Le diptyque Le Moche, Perplexe, est créé pour le Théâtre des Quartiers d’Ivry. Joué en semaine, il offre un raccourci, un voyage en accéléré à travers les déplacements des repères espaces/temps et le bouleversement des apparences.
La trilogie Le Moche, Voir clair et Perplexe est proposée les samedis et dimanches.


Marius Von Mayenburg est né en 1972 à Munich. Il est conseiller artistique de Thomas Ostermeier, directeur de la Schaubühne à Berlin. Auteur, entre autres, de Visage de feu (1998) pièce pour laquelle il obtient le Prix Kleist, Parasites (2001), l’Enfant froid (2002), Le Chien, la nuit et le couteau (2007), La Pierre (2008).



Le Moche

“Intérieurement tu es très beau”
Monsieur Lette découvre qu’il est moche, la décision de subir une opération chirurgicale est prise. Lorsqu’il se réveille de l’anesthésie,  rien ne sera plus comme avant : le chirurgien a fait de son visage un chef-d’oeuvre. La renaissance de Lette en tant qu’homme beau et irrésistible le rend vite célèbre. Le Moche est une pièce sur l’identité, qui s’attaque, avec une précision infaillible, à notre fixation sur l’apparence extérieure. C’est une comédie implacable, une pièce courte, effarante et monstrueuse dans sa forme même : quatre comédiens jouent huit rôles, aucun changement de scène. Mayenburg opère ici une destruction totale de l’espace et accélère le temps comme au sortir d’un cauchemar. C’est étonnant et jouissif. Pas de changement sur le visage des personnages, précisent les didascalies, et c’est le regard des autres qui transforme la réalité. Cette pièce réunit les conditions pour une illusion collective.

Voir clair
“ C’est toujours aussi fort derrière cette porte ? ”
Julia cherche du travail. Elle accepte d’être la femme de ménage de M. Walter, qui vit seul depuis que sa femme est morte. Julia prend alors connaissance des manies de son nouvel employeur : le plus important, il lui est totalement interdit d’entrer dans la chambre, fermée a clef, dans laquelle entre Walter de temps en temps.
Voir clair est une tragédie sur l’aveuglement, un conte fantastique, qui n’est pas loin de Barbe Bleue, un face à face entre un homme et une femme, un huit clos d’une douceur extrêmement dérangeante. L’illusion est ici individuelle, affective, puissante, le personnage de Walter voit ce qui l’arrange. Le suspense dans Voir clair est un véritable enjeu théâtral de mise en scène. Il crée également un rapport d’immédiateté dans le contact avec le spectateur, le suspense c’est l’instant présent !

Perplexe
“ J’ai ressenti ça toute la soirée : je dis quelque chose, et soudain j’ai la sensation que quelqu’un écoute. ”
Eva et Robert rentrent chez eux après les vacances. Judith et Sebastien, un couple d’amis, étaient censés s’occuper des plantes pendant leur absence ; cependant il semble qu’ils soient devenus les occupants de l’appartement et jettent Eva et Robert hors de chez eux. Perplexe est un objet grinçant et extrêmement drôle. Mayenburg ici offre une réelle déconstruction de l’espace et du temps. Les changements, les glissements s’ouvrent à toute vitesse. Les figures évoluent en fonction de ce qui est énoncé : je suis ta femme mais tu es mon fils, il est mon mari mais il est aussi un simple ami la seconde d’après… ainsi pas de couple attitré mais un éventail de combinaisons possibles. Dans Perplexe, les acteurs jouent cette fois plusieurs personnages pris au piège dans de multiples réalités, aucun d’entre eux n’essaye de s’en défaire, et l’illusion devient alors le fondement de leurs multiples identités.

Production déléguée : Théâtre de l’Argument
Coproduction création saison 2013/2014 : Théâtre de l’Argument / La Générale
Avec le soutien de L’aide à la production Drac Île-de-France, l’aide à la production d’Arcadi Île-de-France, le CDN D’Orléans Loiret Centre, La C.C.A.S., L’Adami, La Spedidam et la Ville de Paris.
Coproduction Reprise saison 2014/2015 : Théâtre de l’Argument / La Générale / Théâtre des Quartiers d’Ivry. Avec l’aide d’Arcadi Île-de-France / Dispositif d’accompagnements.

Remerciements à Gaël Richard et Aymeric Demarigny et l’ensemble

Trois pièces de Marius Von Mayenburg
traduction Hélène Mauler et René Zahnd (Le Moche, Perplexe) et Laurent Muhleisen (Voir clair)
L’Arche est éditeur et agent théâtral des pièces représentées

9 > 22 mars

LE MOCHE -
PERPLEXE

Lundi 9 mars 20h,
Mardi 10 mars 20h,
Jeudi 12 mars 19h,
Vendredi 13 mars 20h,
Mardi 17 mars 20h,
Mercredi 18 mars 20h,
Jeudi 19 mars 19h,
Vendredi 20 mars 20h


LE MOCHE -
VOIR CLAIR -
PERPLEXE

Samedi 14 mars 16h,
Dimanche 15 mars 16h,
Samedi 21 mars 16h,
Dimanche 22 mars 16h


Trois pièces de
Marius Von Mayenburg
traduction
Hélène Mauler et René Zahnd (Le Moche, Perplexe)
et Laurent Muhleisen (Voir clair)

L’Arche est éditeur et agent théâtral des pièces représentées

conception et mise en scène
Maïa Sandoz
collaborations artistiques
Paul Moulin
Guillaume Moitessier
scénographie
Catherine Cosme
musique
Christophe Danvin
lumière
Bruno Brinas
Bastien Perralta
assistant mise en scène
Cyrille Labbé
collaboration chorégraphique
Gilles Nicolas
direction technique
John Caroll
accessoires
Catherine Cosme
Isabelle Chasseriault
administratrion
de production
Alice Perot-Hodjis
avec
Serge Biavan
Christophe Danvin
Adèle Haenel
Paul Moulin
Aurélie Verillon

LE MOCHE - VOIR CLAIR - PERPLEXE

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MARIUS VON MAYENBURG | MAÏA SANDOZ

09 > 22 MAR 2015 / Studio Casanova

Monde tourmenté
L’argument? Un jeune employé au physique ingrat est contraint à une opération chirurgicale s’il veut lui-même promouvoir son invention. La métamorphose embrase son petit monde. L’identité, voilà la question.
La radicalité de Mayenburg et sa férocité narquoises sont portés par des comédiens aériens, tel Paul Moulin dans le rôle-titre. En costume pantalon anthracite, chemise blanche, cravate rayée, Adèle Haenel est un jeune homme beau comme un ange. Sa présence détachée fait merveille.
Ce petit précipité dramatique en dit long sur notre monde tourmenté et les autres interprètes, Maïa Sandoz, Serge Biavan, Christophe Danvin défendent crânement leurs partitions.
Armelle Heliot - LE FIGARO

Trois pièces de M. von Mayenburg valent mieux qu’une.
C’est la belle idée qui a trotté dans la tête de Maïa Sandoz qui signe la mise en scène d’une trilogie sans titre de sa composition réunissant, par ordre d’apparition, Le moche, Voir clair et Perplexe. Mayenburg s’est fait connaître comme auteur à la fin des années 90 par sa pièce Visage de feu, son parcours suit celui de Thomas Ostermeier et il se retrouve aujourd’hui à ses côtés à la Schaubühne de Berlin.
L’autre n’est jamais celui qu’on croit
Quelle que soit la sphère qu’il aborde – personnage solitaire (Voir clair), couples (Perplexe) ou entreprise (Le moche) - Mayenburg aime retourner les apparences comme un gant. La réalité y est un terrain friable, glissant, l’incongruité et le bizarre y ont force de loi, le moi est un truc sujet à caution, pas sûr du tout, l’autre n’est jamais celui qu’on croit, enfin le monde par en sucette dans des sphères qui s’avèrent aussi tragiques que comiques d’autant que ses personnages changent d’humeur, d’apparence et même d’opinion plus souvent que de chemise. Mayenburg saisit au vol des univers faits de dérobades, de faux semblant.
En montant ensemble ces trois pièces, Maïa Sandoz montre bien la nature retorse de l’univers de Mayenburg et, mieux, chaque pièce bonifie la suivante et celle qui précède. Le spectacle doit beaucoup à ce qui est le nerf de la guerre de ce type de théâtre : les acteurs. Et à l’accompagnement musical délicat de Christophe Danvin.
Jean-Pierre Thibaudat – RUE 89 – THEATRE ET BALAGAN

Cinq acteurs dont un musicien pour pas loin d’une vingtaine de personnages des trois brèves pièces de Marius Von Mayenburg. C’est la moindre des politesses - et des performances - pour un auteur qui se veut aussi incisif, désossant les rapports banals, au travail, dans le couple, jusqu’à l’absurde. Le Moche est une fable sur le règne du marketing. Lette est fier à juste titre de son invention d’un connecteur électrique à haute technicité. Oui mais, c’est son assistant qui ira présenter la trouvaille au congrès international. Pourquoi ? Parce que lette est moche, et que ça ne fait pas vendre. Il passe, non sans risque, par la case-chirurgie esthétique, et tout se retourne, il devient le meilleur vendeur du monde. Mais…Pour la suite, il faut évidemment imaginer le pire, et même une cascade de pire en pire, dans la destruction de l’identité par la logique du marché. Voir clair joue sur un secret de famille et sur le glissement constant des personnages d’un sentiment, d’une émotion, d’une intention à une autre. Et pourquoi ces rideaux éternellement fermés ? Le suspense est tendu par la contradiction entre l’inconsistance des sentiments et l’obstination des volontés. Perplexe est né d’improvisations entre les comédiens de la Schaubühne de Berlin. Dans une sorte de ronde, Eva, Judith, Robert, Sebastian (sans parler de Nietzche qui vient se mêler de cette mêlée), vont tester toutes les combinaisons possibles, y compris grâce à une soirée bal masqué. Ça commence presque comme une comédie bourgeoise : un couple, rentrant de vacances, se trouve accueilli par le couple censé garder leurs plantes vertes comme des invités un peu encombrants. Ça évolue très vite vers l’absurde, mais on n’est pas chez les Smith et les Martin de La Cantatrice chauve : il s’agit d’autre chose, des (parfois) minuscules coups de pouce ou coups d’épingle qui font chavirer les identités et les rapports entre les êtres. La mise en scène, au sens concret du terme (les acteurs déplacent le matériel à vue), l’occupation de l’espace, le travail de son : tout cela est impeccable. Le jeu des comédiens est un pur régal : eux aussi savent, d’un coup de pouce, d’un coup d’épingle, changer de personnage, d’humeur, glisser de l’un à l’autre au service de la clarté du propos. Avec ce petit quelque chose de plus, ce trait à peine souligné, qui fait rire. On nous dit que ce spectacle dure trois heures avec un entracte? Incroyable, il dure juste le temps de le savourer, tant l’économie en est juste et précise.
Christine Friedel - THEATRE DU BLOG

Une comédie grinçante pleine de bon sens.
Le moche, c’est Lette, un ingénieur ordinaire qui apprend, après plusieurs années de mariage, sa laideur de la bouche de sa femme habituée, quant à elle, à ne le regarder que dans l’oeil gauche. S’ensuivent alors de nombreuses situations loufoques où il est question de chirurgie plastique, d’identité et de folie collective.
« Mais encore, dites-moi, quelle bizarrerie » s’exclame Philinte dans Le Misanthrope. Même sentiment d’étrangeté devant ce récit kafkaïen qui joue avec délice sur un registre absurde aussi drôle que malsain.  Une performance du quatuor de comédiens, tous excellents : Serge Biavan et sa voix de baryton, Adèle Haenel en… homme, Paul Moulin en moche et Maïa Sandoz, actrice élastique et metteur en scène enthousiaste. Un spectacle qui dure moins d’une heure mais prend le temps de mettre à mal de nombreux travers sociétaux.
Vous reprendrez bien une petite injection de botox pour la route ?
Elsa Pereira - TIME OUT

Du théâtre fort, passionnant et profondément jubilatoire.
Marius von Mayenburg  nous propose avec Le moche au-delà d’une fable absurde et cruelle sur la dictature de la beauté dans nos sociétés,  une réflexion sur la notion d’identité. D’une écriture concise et sans fioritures, aux phrases courtes.
Dans cette pièce acerbe sur la quête de soi, les scènes s’enchaînent à un rythme soutenu en transitions brutales sans souci de lieu ni de temps.
Pas d’autre choix de mise en scène ne semble possible qu’une extrême sobriété laissant toute la place aux mots.
Rien pour détourner notre attention du propos, de l’exposition de sentiments mesquins bien plus laids au final que l’apparence physique et de la chute libre de cet homme Lette qui perd tous ses repères.
Les comédiens, toujours en scène même lorsqu’ils ne jouent pas,  passent d’un personnage à l’autre (sauf Lette) sans rien modifier de leur apparence – ils ne changent que par le regard qu’on leur porte – mais  avec une telle précision de jeu qu’on ne se perd jamais.
C’est d’une grande finesse, très enlevé, avec des scènes cocasses et d’autres plus émouvantes, comme celle où Lette, en pleine confusion mentale,  dialogue avec son double dans un miroir.
Nicole Bourbon - REG’ARTS

Une fable édifiante.
Dans un opus de format court en forme de conte biopunk intitulé Le moche, Marius von Mayenburg, auteur dramatique allemand à l’audience internationale et régulièrement à l’affiche en France, imbrique plusieurs thématiques par la médiation d’un phénomène de société et la réécriture du thème du monstre.
La direction d’acteur est exemplaire pour l’interprétation de partitions aux dialogues à la langue du quotidien, dépourvues de tout psychologisme mais néanmoins sous-tendues de violence, dans un registre de jeu hybride incluant distanciation et expressionnisme grotesque.
Ainsi, sans changement de costume ni de physionomie, naviguant entre plusieurs personnages/figures fonctionnant en miroir, les comédiens - Paul Moulin, les Monsieur Lette, Serge Biavan, le chef d’entreprise et le chirurgien, Maïa Sandoz, l’épouse, la maîtresse et la riche rombière mère castratrice, Adèle Haenel, le collègue et le fils névrosé - sont tous excellents dans cette fable édifiante
MM - FROGGY’S DELIGHT

LE MOCHE - VOIR CLAIR - PERPLEXE

Regarde !

MARIUS VON MAYENBURG | MAÏA SANDOZ

09 > 22 MAR 2015 / Studio Casanova

> 22 au 30 JUILLET 2014 Tournée CCAS
> 5 MAI 2015  Théâtre de Rungis
> JUILLET 2015 Festival Contre courant - Avignon

LE MOCHE - VOIR CLAIR - PERPLEXE

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MARIUS VON MAYENBURG | MAÏA SANDOZ

09 > 22 MAR 2015 / Studio Casanova

> Rencontre avec l’équipe artistique
à l’issue de la représentation
DIMANCHE 15 MARS

LE MOCHE - VOIR CLAIR - PERPLEXE

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MARIUS VON MAYENBURG | MAÏA SANDOZ

09 > 22 MAR 2015 / Studio Casanova

Mars

Date Horaire Lieu
Lu 09 20:00 LE MOCHE - PERPLEXE Studio Casanova
Ma 10 20: 00 LE MOCHE - PERPLEXE Studio Casanova
Je 12 19:00 LE MOCHE - PERPLEXE Studio Casanova
Ve 13 20:00 LE MOCHE - PERPLEXE Studio Casanova
Sa 14 16:00 LE MOCHE - VOIR CLAIR PERPLEXE Studio Casanova
Di 15 16:00 LE MOCHE - VOIR CLAIR PERPLEXE Studio Casanova
Ma 17 20:00 LE MOCHE - PERPLEXE Studio Casanova
Me 18 20:00 LE MOCHE - PERPLEXE Studio Casanova
Je 19 19:00 LE MOCHE - PERPLEXE Studio Casanova
Ve 20 20:00 LE MOCHE - PERPLEXE Studio Casanova
Sa 21 16:00 LE MOCHE - VOIR CLAIR PERPLEXE Studio Casanova
Di 22 16:00 LE MOCHE - VOIR CLAIR PERPLEXE Studio Casanova