Théâtre des Quartiers d’Ivry

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LE PROJET PENTHESILEE

HENRICH VON KLEIST | CATHERINE BOSKOWITZ

04 > 31 MAI 2015 / Théâtre d'Ivry Antoine Vitez

CREATION

Penthésilée - Et voici ce que notre peuple décida alors dans son conseil : libres comme le vent sur les libres landes seraient désormais ces femmes - libres - et jamais plus asservies aux hommes. Un état allait naître, souverain, et majeur, un royaume de femmes où plus jamais la voix grossière du mâle ne s’élèverait pour nous régenter.



Je ne choisis pas les figures qui s’imposent à moi pour créer mes spectacles. Elles surgissent comme une évidence. Fictives ou réelles, certaines viennent des pays que j’ai traversés, d’autres, de mon adolescence, où j’ai eu l’intuition que les figures de l’insoumission nourriraient ma recherche artistique.
Penthésilée dessinée par Heinrich von Kleist en est une.
Chef de l’armée des amazones, irréductible aux règles de la guerre imposées par les hommes, Penthésilée conduit ses guerrières sous les murs de Troie. Comme un torrent venu “ d’ailleurs ”, elle renverse tout sur son passage, au grand dam des commandants grecs et troyens qui n’y comprennent rien. Mais incontrôlable, assoiffée de liberté, Penthésilée refuse aussi la loi arbitraire de son propre peuple qui, pour “ raison d’état ”, lui interdit de choisir l’homme qu’elle désire.
J’entends un écho qui traverse le temps entre Penthésilée et d’autres femmes surgies des luttes armées des années 70 ou des révolutions plus récentes qui ébranlent l’ordre mondial. Cet écho se nomme désobéissance. Par leurs gestes extrêmes, propres à chacune, par l’utilisation de la violence pour certaines, la subversion qu’elles incarnent s’apparente à une force infinie qui naît de la protestation. Avec Penthésilée, elles défient toutes les lois de représentations du genre féminin, au théâtre comme à la bataille.
Laissons-nous conter le poème de Penthésilée, et, dans l’interstice, laissons apparaître les silhouettes de celles qui, dans la réalité de notre monde, ont choisi de ne plus obéir.
Le Projet Penthésilée s’est construit en plusieurs escales en France, en Afrique, au Moyen-Orient et aux Caraïbes. Des artistes venus de différents pays y participent.
 La scène est un champ de bataille ” signale Kleist, aux premières lignes de son ouvrage.
Quel champ de bataille aujourd’hui ?
Un plateau pourrait-il devenir le théâtre des opérations ?    
Catherine Boskowitz

Production : Compagnie abc - Coproduction : Théâtre des Quartiers d’Ivry, Théâtre Paul Éluard de Choisy-le-Roi, Collectif 12, Théâtre de Sartrouville et des Yvelines - Centre Dramatique National, Grenier/Neuf - Dijon, Cie Sokan (Côte d’Ivoire). Avec l’aide de la DRAC Ile-de-France, la Drac Bourgogne, La Commission internationale du théâtre francophone, la Région Ile-de-France, Arcadi Ile-de-France, l’Adami et la Spedidam.
Avec le soutien du CENTQUATRE-Paris, de La Cité - Espace de récits communs à Marseille et du Fonds d’Insertion professionnelle de l’Académie - ESPTL, DRAC et Région Limousin.

Direction de production Anne Sorlin
Diffusion Karinne Méraud-Avril - Le K Samka

adaptation
et mise en scène
Catherine Boskowitz
d’après Penthésilée
de Heinrich von Kleist
dans la traduction de
Julien Gracq
assistanat à la mise en scène
Estelle Lesage
installation et scénographie
Jean-Christophe Lanquetin
constructeur et plasticien
Yoris Van Den Houte
vidéo et lumières
Laurent Vergnaud
costumes
Chantal Rousseau
dramaturgie
Leyla Rabih
musique
Benoist Bouvot

avec
Lamine Diarra
Adèll Nodé Langlois
Marcel Mankita
Simon Mauclair
Nadège Prugnard
Fatima Tchiombiano
Nanténé Traoré

Le Projet Penthésilée
a été créé le 6 mars 2015
au Théâtre Paul Eluard
de Choisy-le-Roi

LE PROJET PENTHESILEE

HENRICH VON KLEIST | CATHERINE BOSKOWITZ

04 > 31 MAI 2015 / Théâtre d'Ivry Antoine Vitez

Une Penthésilée au Présent
Réécouter Catherine Boskowitz en entretien avec Yvan Amar dans l’émission La Danse des mots
http://www.rfi.fr/emission/20150507-le-projet-penthesilee/

Guerre des sexes, guerre des classes
Pourquoi Le Projet Penthésilée et non pas Penthésilée, alors que la pièce de Kleist est représentée à peu près complètement, dans l’irréprochable traduction de Julien Gracq ? Parce que Catherine Boskowitz ne suit pas rigoureusement la pièce à la lettre. On est plutôt dans le monde d’aujourd’hui où cohabitent différentes cultures. Et surgissent régulièrement des textes militants, pour les femmes, pour une société renouvelée et plus soucieuse de ses minorités. La pièce s’y prête puisque Penthésilée, reine des Amazones, peut aisément incarner le combat des femmes en tous temps. Une Amazone doit avoir vaincu l’homme qui lui plaît pour en faire son époux. Mais c’est surtout une femme sans homme…(…)
Il y a là de la santé politique et des moments émouvants, comme lorsque Penthésilée et Achille (l’excellent Lamine Diarra) se tiennent l’un contre l’autre, éclairés dans l’arrière-plan de la scène. Nadège Prugnard est une Penthésilée d’une formidable énergie. Son interprétation d’une femme violemment révoltée exprime aussi le dilemme intérieur du personnage en guerre mais aussi plein d’amour.
Gilles Costaz - Webtheatre

Un beau travail collectif tout en ruptures

Penthésilée c’est la tragédie de cette splendide Amazone, fondant à la tête de ses troupes de femmes irréductibles, sur des armées d’hommes qui imposent la guerre pendant le siège  de Troie. Penthésilée est saisie d’un amour violent pour Achille le héros Grec et les règles de son peuple lui interdisent de choisir l’homme qu’elle désire. Elle le poursuivra donc avec fureur, connaîtra quelques instants d’un amour partagé, puis perdra la tête jusqu’à le déchirer et le dévorer, prise d’une folie aveugle.
Catherine Boskowitz a campé cette tragédie dans une mise en scène insolite. Nous sommes invités à pénétrer sur le plateau recouvert d’immenses bâches plastiques noires, il y a au centre une maquette d’une haute carcasse d’immeuble moderne désossé, de grands écrans blancs montés sur roulettes se déplacent sur le plateau pour accueillir les images des projections, sur les guerres, le bombardement de Gaza (?) notamment : « L’armée des Amazones et celle des Grecs, pourquoi elles se battent ? » On nous invite à nous asseoir au jardin ou dans les gradins. A la cour une phrase : « la scène est un champ de bataille» Une clown, Adell Nodé Langlois, achève de se maquiller devant nous. Des images parfois somptueuses, une interprétation magistrale de Nadège Prugnard en Penthésilée. Au total un spectacle à ne pas manquer qui sera repris pendant un mois au Théâtre des Quartiers d’Ivry.
Edith Rappoport - Théatre du Blog

L’amour, la passion un chant guerrier barbare et sanglant.
Le Projet Penthésilée, vaste chantier ouvert, mosaïques de propositions, autour du texte de Kleist et de la figure de l’amazone insoumise, réflexion sur la guerre, sur l’amour – ce qui revient au même -, le politique, qui transforme la scène en un vaste « champ de bataille ». C’est une mise en scène en cours d’élaboration, s’autorisant des incises, des décochements où les acteurs s’affranchissent de leur rôle, s’autorisent des copiés-collés, textes politiques et improvisations, qui multiplient à la fois les points de vue des acteurs sur l’engagement de leur personnage et sur la narration mais font également résonner le texte d’un écho lancinant et dramatique d’une actualité brûlante et tragique qu’ils interrogent. Le texte est ainsi et avec justesse la matière travaillée, également frotté aux idéologies contemporaines, aux combats idéologiques, dont Ulrike Meinhof fut une des figures. De cette friction énergique avec le présent et la réalité, la représentation se meut, se métamorphose, protéiforme, instable et fragile. Catherine Boskowitz avec beaucoup d’intelligence déplace, sans jamais l’occulter, le contexte guerrier que la scénographie prend en charge. La guerre devenue aujourd’hui technologique, une vidéo en continue d’un drone militaire, une conversation de marines américain en opération, une maquette de ville détruite suffisent à l’évoquer. Dès lors la rhétorique amoureuse et politique devient un champ de bataille. L’amour, la passion un chant guerrier barbare et sanglant.(...)
Une oscillation entre raison et folie érotique menée à son paroxysme qui paradoxalement mène à l’insoumission, à l’affranchissement. L’amour vaincu, Achille déchiqueté à pleine dents, décillent les yeux de Penthésilée sur une situation politique, la sienne, devenue intenable. De ce chaos dont nul ne ressort indemne, pas même Penthésilée, s’envole la liberté. Clownesse affublée d’un nez rouge et dernière image d’un combat hors du champ de la représentation mais magnifiquement écrit et superbement narré par Prothoé, Nanténé Traoré, la confidente de Penthésilée.(...)
S’il fallait sans doute retenir une image et une seule dans cette fureur qui embrase le plateau sans doute est-ce la confrontation amoureuse, au lointain à peine éclairé, entre Achille et Penthésilée, murmure apaisé, armes et cuirasses déposées, bouleversant d’humanité soudain retrouvée.
Denis Sanglard - Un fauteuil pour l’orchestre

Une percée kaléidoscopique dans le drame de Heinrich von Kleist.
Catherine Boskowitz, s’appropriant aujourd’hui la pièce de Kleist, a élaboré un spectacle composite à l’intérieur duquel l’œuvre de l’auteur allemand (traduite en français par Julien Gracq) côtoie un prologue aux allures d’installation déambulatoire, ainsi que toutes sortes d’interventions performatives réalisées par les sept interprètes participant au projet (Nanténé Traoré, Nadège Prugnard, Fatima Tchiombiano, Marcel Mankita, Lamine Diarra, Adèll Nodé-Langlois, Simon Mauclair).
Fissurer la représentation.
“ Les acteurs ne sont pas les simples exécutants – subalternes – d’une mise en scène, même si mise en scène il y a," explique Catherine Boskowitz. Ils existent en tant qu’individus dont le parcours infléchit le cours de la performance. Dans le cours du spectacle, il ne s’agit plus d’avoir un point de vue unique, mais bien de faire exister plusieurs autres narrations et points de vue : celui de chacun des protagonistes dans sa relation à la figure de Penthésilée. “ Adresses directes, remise en cause de la démarcation entre espace de jeu et espace habituellement réservé au public, évolution constante du dispositif scénique (l’installation et la scénographie sont de Jean-Christophe Lanquetin, les vidéos et les lumières de Laurent Vergnaud) : Le Projet Penthésilée s’attache, de bout en bout, à “ fissurer la représentation ”, à “ permettre aux spectateurs de travailler avec les artistes et avec l’auteur sur le présent ”. Un appel à considérer le plateau comme un champ de bataille au sein duquel peuvent apparaître “ les silhouettes de celles qui, dans la réalité de notre monde, ont choisi de ne plus obéir ”.
Manuel Piolat Soleymat - La Terrasse


LE PROJET PENTHESILEE

HENRICH VON KLEIST | CATHERINE BOSKOWITZ

04 > 31 MAI 2015 / Théâtre d'Ivry Antoine Vitez

> 6 MARS 2015 Théâtre Paul Eluard de Choisy Le Roi

> 12 et 13 MARS 2015 Espace André Malraux Mantes-la-Jolie

Contact diffusion Cie ABC
Karinne Méraud-Avril - Le K Samka
Tél +33 (0)6 11 71 57 06
karinne@ksamka.com
http://www.ksamka.com

LE PROJET PENTHESILEE

HENRICH VON KLEIST | CATHERINE BOSKOWITZ

04 > 31 MAI 2015 / Théâtre d'Ivry Antoine Vitez

> Rencontre avec l’équipe artistique
à l’issue de la représentation
DIMANCHE 17 MAI

Dossier du spectacle