Théâtre des Quartiers d’Ivry

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PHÈDRE

SÉNÈQUE | ELISABETH CHAILLOUX

02 > 15 FÉV 2015 / Studio Casanova

Roma
D’abord, il y a Roma le film de Fellini.
On y voit les travaux du métro de Rome. Les excavatrices mettent au jour une maison romaine vieille de deux mille ans. Des hommes et des femmes sont peints sur les murs, les habitants de l’ancienne Rome. "Regarde ces visages, on dirait qu’ils nous regardent !" dit une voix.
En lisant la Phèdre de Sénèque, j’ai eu cette même sensation : celle de voir apparaître les visages de la Phèdre romaine, celui de la nourrice, d’Hippolyte, de Thésée et que ces visages "nous regardent".
Parce que Rome parle aussi de nous.
Parce que la traduction de Florence Dupont, par sa clarté, sa simplicité et son lyrisme ressuscite Sénèque. Et cette Rome de Néron nous semble alors étrangement proche.

En vérité, grisée par une vie trop facile
Gorgée de luxe et de raffinements
L’humanité cherche sans cesse du nouveau
Une soif morbide de jouissance ronge le coeur des favoris de la fortune
Pourquoi les simples citoyens ont-ils des plaisirs simples
Pourquoi les hommes ordinaires savent-ils se modérer
Tandis que les rois et les banquiers ne rêvent que débauche et perversions ?
Le pouvoir fait désirer l’impossible

Il y a chez les personnages de Sénèque le désir d’un "impossible ailleurs". Thésée s’est enfui aux Enfers. Phèdre, abandonnée, rêve d’Hippolyte, le garçon sauvage. A la folie amoureuse de Phèdre répond celle d’Hippolyte. Fils de l’Amazone, il vit dans le fantasme d’une nature originelle, vierge de toute dépravation.

Face aux princes, il y a les autres. La nourrice qui va servir l’amour de Phèdre parce qu’elle n’a pas le choix : c’est une esclave. Le messager dont le récit aux images fantastiques, va dire la mort atroce d’Hippolyte. Enfin il y a le Choeur qui s’interroge sur la condition humaine.

Violence dans les coeurs, violence dans la société, tout est souffrance dans la civilisation.

Le pouvoir rend fou, l’humanité est détraquée, le coeur de l’homme un labyrinthe, un reflet du chaos universel. C’est ce champ de bataille que nous allons explorer avec Phèdre.
Elisabeth Chailloux

Production : Théâtre des Quartiers d’Ivry

Durée > 1h40

traduction
Florence Dupont
mise en scène
Elisabeth Chailloux
scénographie et lumière
Yves Collet
assistant lumière
Léo Garnier
costumes
Agostino Cavalca
assisté de
Dominique Rocher
son
Anita Praz
maquillages
Nathy Polak
assistante décor
Federica Mugnai
construction décor
Jipanco
toile peinte
Espace & cie

avec
Jean Boissery
Thomas Durand
Rébecca Finet
Sara Llorca
Adrien Michaux
Océane Mozas

PHÈDRE

SÉNÈQUE | ELISABETH CHAILLOUX

02 > 15 FÉV 2015 / Studio Casanova

UNE LANGUE PRECISE, EFFICACE ET PROFONDEMENT POETIQUE
Elisabeth Chailloux a eu l’audace de créer cette Phèdre de Sénèque, inspirée d’Euripide qui inspira celle de Racine. La mise en scène possède une belle tension, grâce à des acteurs très bien dirigés et entièrement dévolus à leur rôle tragique. Ils portent le souffle de cette prose poétique avec désir et foi.
Véronique HOTTE - THEATRE DU BLOG

UN OEIL NOUVEAU OUVERT SUR LA CREATION, L’INVENTIVITE ET LA MODERNITE
Elisabeth Chailloux dépoussière le théâtre antique en y insufflant une empreinte
de contemporanéité. Si le texte de Sénèque s’ancre de corps dans l’actualité, Elisabeth Chailloux crée une révolution minimaliste sur la scène du théâtre Antoine Vitez en déconstruisant le mythe Phèdre vécu par les férus de tragédies romaines et hellènes. Elle relève le défi en proposant une version moderne, dérangeante et nourrie d’interrogations. Les personnages semblent extraits des films de Pasolini et des polars américains des années cinquante. Le rythme alterne entre ralenti et bousculade, flash-code et arrêt sur image. Phèdre d’Elisabeth Chailloux a le mérite d’être revu au sens moderne du texte et doit continuer de respirer à poumons déployés sur la scène du Théâtre Antoine Vitez.
Philippe Delhumeau - LATHEATROTHEQUE.COM

ILLUSION TRAGIQUE
Sénèque ne fut pas seulement un philosophe stoïcien mais un dramaturge. Rares sont les metteurs en scène qui ont eu l’audace ou la curiosité de s’y frotter.
La codirectrice du Théâtre des Quartiers-d’Ivry affronte de surcroît la gageure de présenter la pièce dans son intégralité. Si Elisabeth Chailloux n’élude donc pas les difficultés du théâtre latin, elle ne s’enferme pas pour autant dans l’archéologie. Nous aurions plutôt affaire ici à une rêverie sur le théâtre de Sénèque. Le temps passé nous échappe, la metteuse en scène le traduit bien en scène. Elle affirme en complément la modernité de la pièce de Sénèque. Selon elle, en effet, aujourd’hui comme au temps de cet auteur, la société est une société du spectacle, et nous vivons dans un monde saisi par la violence et les interrogations.
La scénographie est un des atouts du spectacle. Une fois encore, on sort admiratif face à la finesse et à la beauté du travail d’Yves Collet. La scène est presque nue, mais elle est habillée de rouge. Les teintes des structures font penser à une grotte (celle où voudrait se réfugier Hippolyte, loin de la civilisation décadente dans le giron de sa mère ?). Elles évoquent aussi les pigments rouges des maisons romaines. Ce qu’Yves Collet montre en définitive avec une grande justesse, c’est que la vie n’est ici qu’une flamme vacillante, une illusion tragique.
Laura Plas - LESTROISCOUPS.COM

PHEDRE OU LA SUBVERSION DU MONDE
Dans la Rome de Néron, qui est déjà une ”société du spectacle”, la Phèdre de Sénèque est écrite comme une partition poétique en direction “d’acteurs-rois”. Dans cette mise en scène, l’histoire est aussi portée par la parole et l’énergie des corps d’acteurs-conteurs.
Les spectateurs ne voient pas ce qu’ils ont sous les yeux, mais ce qu’on leur raconte. On voyage aux confins de l’imaginaire dans “une langue concrète et violente, d’une liberté stupéfiante”. Sénèque nous ramène à la réalité des corps, à l’humide des forêts et à la sécheresse des Enfers, en passant par le minéral des palais, tout en nous faisant voyager à la limite de l’onirique. Le texte maintient les acteurs dans une tension permanente. Il oscille entre le lyrisme qui en appelle aux dieux et le réalisme cru de corps hors de contrôle. Pourtant, la direction d’acteurs d’Élisabeth Chailloux ne tolère aucun laisser-aller et évite l’hystérie sous-jacente des situations.
En exhumant ce texte, Elisabeth Chailloux explore une Antiquité que nous porterions en nous comme un rêve, une étrange contrée aux confins de l’imaginaire, avec pour moteur un désir de puissance insatiable qui n’est pas sans nous ramener à notre réalité d’humains d’aujourd’hui.
Dany Toubiana - THEATRORAMA

UN VOYAGE REUSSI DANS UN PASSE THEATRAL IGNORE
Pour beaucoup, découvrir le texte de Sénèque - dans l’excellente traduction de Florence Dupont - sera une révélation. Sénèque aime disserter, c’est un philosophe.
Elisabeth Chailloux a pris le parti de transposer la pièce dans la Rome moderne, comme pour rendre hommage à la " Roma " de Fellini. Phèdre porte une robe de tulle transparente, Hippolyte un blouson de garçon des mauvais quartiers, Thésée un smoking blanc. Tout a la couleur rouge de la brique romaine. Seule, une tête de statue - une divinité : c’est la malice du beau décor d’Yves Collet - nous relie à l’Antiquité.
Gilles Costaz -
WEBTHEA

TERREUR ET PITIE AU THEATRE DES QUARTIERS D’IVRY
La mise en scène, imaginée par Elisabeth Chailloux propose une version moderne, interrogatrice et actuelle de la pièce écrite par Sénèque, inspirée d’Euripide et qui sera la
base de l’oeuvre de Racine. Le décor mobile et ambivalent, entre modernité et poutres ocres au style ancien, est simple. La scène est entourée de sable sombre. Un couple de chaises, de part et d’autre de la scène, cassent avec le classicisme du décor. Les répliques des comédiens, proses empruntes de poésie antique, rompent avec la modernité de leurs costumes. Ces antithèses scéniques invitent le spectateur à comprendre que bien que la pièce qui se déroule sous leurs yeux se passent à des siècles du leur, le thème abordé, lui, n’en est pas moins actuel. Orange, rouge, noir sont les dominantes chromiques des jeux de lumières: couleurs de la passion, question centrale de la pièce.
Le jeu des comédiens, très réussi, rend grâce à cette sublime tragédie grecque. Thomas Durand en Hippolyte, subjugue par le regard. Une vivacité fraîche se dégage de la charmante Sara Llorca dans le rôle du Choeur, contrebalançant avec la sobriété d’Adrien Michaux en Messager. L’alliance du jeu des acteurs et les choix de la mise en scène permettent aux codes de la catharsis de s’exprimer clairement: entre terreur et pitié, le temps se suspend aux lèvres des personnages.
Sonia Hamdi - TOUTELACULTURE.COM

PHÈDRE

SÉNÈQUE | ELISABETH CHAILLOUX

02 > 15 FÉV 2015 / Studio Casanova

> Rencontre avec l’équipe artistique
à l’issue de la représentation
DIMANCHE 8 FEVRIER

PHÈDRE

SÉNÈQUE | ELISABETH CHAILLOUX

02 > 15 FÉV 2015 / Studio Casanova

13 AU 17 JANV 2015  > La Comédie de l’Est I Colmart
26 FEV 2015 > Scène des 3 Ponts I Castelnaudary
17 et 18 MARS 2015 > Les Sept Collines I Tulle

PHÈDRE

SÉNÈQUE | ELISABETH CHAILLOUX

02 > 15 FÉV 2015 / Studio Casanova

Février

Date Horaire Lieu
Lu 02 20:00 Studio Casanova
Ma 03 20:00 Studio Casanova
Je 05 19:00 Studio Casanova
Ve 06 20:00 Studio Casanova
Sa 07 20:00 Studio Casanova
Di 08 16:00 Studio Casanova
Ma 10 20:00 Studio Casanova
Me 11 20:00 Studio Casanova
Je 12 19:00 Studio Casanova
Ve 13 20:00 Studio Casanova
Sa 14 20:00 Studio Casanova
Di 15 16:00 Studio Casanova