Théâtre des Quartiers d’Ivry

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IL ETAIT UNE FOIS GERMAINE TILLION

GERMAINE TILLION | XAVIER MARCHAND

11 > 21 FÉV 2016 / Studio Casanova

“ Ce qui me passionnait, c’était de regarder en essayant de comprendre : il y a un ordre caché dans tout ce qui vit…”
Germaine Tillion


“ Germaine Tillion nous initie aussi à un usage bien particulier de la mémoire. Elle évite la tentation de sacraliser le passé, c’est-à-dire de maintenir l’événement qu’elle a connu dans un isolement splendide, de le considérer comme incomparable avec ce qui s’est passé ailleurs ou depuis, de percevoir comme un sacrilège toute mise en relation entre lui et le reste du monde. Le passé est appelé à servir, non à être cultivé pour lui-même.“
 Tzvetan Todorov

Vouloir monter un spectacle autour de la figure de Germaine Tillion relève sans doute d’une gageure puisque ses écrits (hormis son opérette) n’ont aucune structure dramatique. Mais j’ai souvent travaillé sur des matériaux de ce type, toujours guidé par la forme d’oralité que certains auteurs donnent à leurs textes. Comme bien d’autres j’ai été séduit par la vivacité de la pensée, de l’écriture et du verbe de cette grande Dame. Ses champs d’analyse s’étendent sur des domaines et des périodes proches, à savoir : l’ethnologie appliquée à des populations musulmanes durant l’époque coloniale, la structure et la fonction du camp de Ravensbrück, et la guerre d’Algérie. Quel que soit le sujet traité, elle procède avec le même souci de discernement, de précision, d’attention à l’Autre. Jamais donneuse de leçons, ce à quoi appelle sa parole, c’est à une forme de discipline de l’esprit qui doit guider l’engagement et l’action. C’est toujours à l’expérience qu’elle se réfère lorsqu’elle est confrontée à des situations présentant des similitudes : les conditions de vie précaires de ses missions dans l’Aurès lui permettent d’endurer les rigueurs de Ravensbrück, son passé de résistante en 1940 la rend sensible à la clandestinité algérienne.
En traversant les trois livres que nous avons choisi d’adapter, il s’agit de mettre en scène la manière singulière qu’a Germaine Tillion de parler du monde et de l’analyser, de décrire les mécanismes oppresseurs. Les grilles de déchiffrement qu’elle propose peuvent s’appliquer à bon nombre de conflits actuels.    
Xavier Marchand

Reprise 2015 - Production Lanicolacheur - Coproduction Centre Départemental de Création en Résidence des Aulnes - Conseil Général des Bouches-du-Rhône, Pôle Arts de la Scène - Friche la Belle de Mai Marseille.
Création 2009 - Coproduction Comédie De l’Est - Centre dramatique régional d’Alsace (Colmar) / Théâtre des Salins - scène nationale de Martigues / 3bisF – Aix en Provence / Théâtre National de Marseille La Criée. Avec le soutien du Conservatoire régional de l’Agglomération de Montpellier. Partenariat : AFLAM, Association Germaine Tillion, La pensée de Midi, Le Monde. Cie conventionnée par la DRAC PACA et soutenue par le Conseil Régional PACA, le Conseil Général des Bouches du Rhône et la Ville de Marseille

Durée > 3h30
avec entracte

d’après
Il était une fois l’ethnographie,
Ravensbrück,
Les Ennemis complémentaires
de Germaine Tillion
mise en scène
Xavier Marchand
collaboratrice artistique
Clotilde Ramondou
scénographie
Michel Jacquelin
lumière
Marie Vincent
bande sonore
Josef Avelmeïr
costumes
Claire Salmon Legagneur
régie plateau et vidéo
Olivier Bonnefoy
régie générale
Julien Frénois
recherche d’archives
Stéphane Lévy
photographies
Hervé Kielwasser

avec
Manon Allouch
Pauline Dubreuil
Camille Grandville
Pascal Omhovère
Myriam Sokoloff

IL ETAIT UNE FOIS GERMAINE TILLION

GERMAINE TILLION | XAVIER MARCHAND

11 > 21 FÉV 2016 / Studio Casanova

14 NOVEMBRE 2015 >Théâtre Liberté / Toulon
17, 18 ET 19 NOVEMBRE 2015 > Théâtre le Gymnase / Marseille

Contact > www.lanicolacheur.com


IL ETAIT UNE FOIS GERMAINE TILLION

GERMAINE TILLION | XAVIER MARCHAND

11 > 21 FÉV 2016 / Studio Casanova

> Rencontre avec l’équipe artistique
à l’issue de la représentation
DIMANCHE 14 FEVRIER

IL ETAIT UNE FOIS GERMAINE TILLION

GERMAINE TILLION | XAVIER MARCHAND

11 > 21 FÉV 2016 / Studio Casanova

"Nous pensons que la gaieté et l’humour constituent un climat intellectuel plus tonique que l’emphase larmoyante", écrivait Germaine Tillion dans son Journal clandestin, en 1941. La dame ne manquait pas d’humour en effet, elle qui écrivit l’année suivante une opérette désopilante alors qu’elle était internée à Ravensbruck. Ethnologue dans les Aurès de 1934 à 1940, résistante, déportée, puis engagée pendant la guerre d’Algérie, Germaine Tillion ne manquait pas non plus d’intelligence rn de courage Et l’on comprend que Xavier Marchand ait eu envie de porter a la scène ses écrits II s agit en réalité de trois spectacles qui retracent les trois grandes périodes de sa vie. Porté par cinq comédiens à l’énergie et à l’endurance exceptionnelles, enrichi par des projections et une bande son mêlant récits et chants berbères, ce marathon théâtral tourne - ce n’est pas un hasard depuis sa création, en décembre 2009.
TELERAMA - Emmanuelle Gall

Cinq comédiens, un mur d’image, de nombreux micros et un texte-fleuve qui décrit avec moultes détails trois périodes clés de notre histoire : Xavier Marchand n’a pas reculé devant la difficulté en mettant en scène une aventure ambitieuse et passionnante… Rarement l’univers concentrationnaire aura été décrit avec autant de réalisme. (…)
Les trois comédiennes y accomplissent une prestation absolument remarquable. Mimes, chants et répliques décalées restituent la distanciation que Germaine Tillion avait su créer pour échapper au désespoir de la folie nazie. Techniquement, le jeu des acteurs est parfait et confondant de vérité. C’est devant un mur d’images géantes de l’INA que nos cinq comédiens commentent ce que l’on nommait à l’époque « les événements d’Algérie » (…)
Sociologues, journalistes ou simples témoins, les artistes retracent avec conviction les périodes marquantes de cette seconde moitié du XXe siècle. Un devoir de mémoire, une parole vivante restituée par la magie d’un spectacle hors normes.
L’ALSACE - Dominique Feig

Comment dire et donner à voir ce long fleuve d’intelligence et d’engagement que fut Germaine Tillion ? L’ampleur même du personnage est une vraie gageure et un tel foisonnement aurait été peut-être fastidieux sans la constante originalité des choix de mise en voix et en gestes. Un très large plateau offre l’espace à trois tableaux successifs, le premier retrace les aventures ethnographiques des années quarante dans les Aurès, le deuxième évoque l’univers concentrationnaire de Ravensbrück, le troisième est consacré à l’Alger de la guerre d’indépendance.(…)
De ces trois étapes matérialisées avec sobriété et émotion, se dégage le portrait d’une vraiment très grande dame, qui sut, sans faillir tout au long de son siècle de vie, mettre en œuvre la nature même de l’anthropologie, ce regard à la fois intime et distancié porté sur des comportements étrangers, et en inférer une profonde réflexion sur les ressorts humains.
SPECTACLE SELECTION - Annick Drogou

Deux parties dans ce spectacle interprété par cinq comédiens, dont Pascal Omhovère seul homme dans cette distribution féminine. D’abord l’Algérie (..) les Aurès, et surtout Aris capitale d’où Germaine Tillion partit en 1934 pour parvenir après 14 heures de cheval dans un village dont elle sut partager la vie pendant des années pour apporter un témoignage capital. Une ouverture joyeuse pour surmonter d’énormes difficultés, la vie quotidienne, les langues. On l’accompagne dans cette épopée avec les chargements improbables de son mulet, elle parvient rapidement à se faire adopter dans une région de nomades ou personne ne comprend un mot de français. Sa quatrième mission dans les Aurès est interrompue par la guerre en juin 40, où elle doit regagner Paris.
La deuxième partie se déroule d’abord à Ravensbrück, où elle est déportée pour avoir monté le réseau de résistance  du Musée de l’Homme, dénoncée par un prêtre. Elle continue de se comporter en ethnologue grâce à la solidarité de ses compagnes, écrit son opérette cachée au fond d’une caisse, survit aux maladies, mais a la profonde douleur de perdre sa mère déportée elle-aussi, ainsi que de nombreuses compagnes.
Et l’on retrouve Germaine Tillion à Alger, où elle parvient à aider à la pacification du terrorisme, grâce à ses liens avec des résistants algériens emprisonnés qui seront libérés après des engagements mutuels respectés.
Xavier Marchand a bien su mettre en lumière le destin de cette femme exceptionnelle, dans une scénographie dépouillée, une table, de tabourets et des projections. Sa compagnie Laconicolacheur mène à Marseille des projets avec différentes communautés. Il a monté une douzaine de spectacles dont Au bois lacté de Dylan Thomas avait été présenté entre autres au Théâtre des Quartiers d’Ivry.
JOURNAL DE BORD D’UNE ACCRO DE THEATRE - Edith Rappoport

En échappant à un didactisme pesant et grâce à l’inventivité des procédés, cette mise en regard, servie par le jeu remarquable des cinq acteurs, souples par la voix et par le corps, confirme si besoin était le rôle fondamental du théâtre dans l’intelligence des histoires individuelles et de l’Histoire.
Il s’agit de théâtre documentaire parce qu’aucun texte dit classique ne préside au travail de Xavier Marchand mais aussi parce que le travail d’adaptation s’emploie à rendre quasiment in extenso les écrits et donc la voix de Germaine Tillion. La parole circule entre Germaine Tillion (incarnée par Camille Grandville exemplaire jusqu’à une dernière partie qui repose sur son jeu très dense), un conférencier-commentateur (Pascal Omhovère) et un trio de jeunes femmes, autant de visages croisés dans les Aurès, à Ravensbrück…
DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE - Myriam Ait-Sidhoum

C’est bien du théâtre qu’il s’agit et de représentation encore : foin du documentaire et que nul n’entre ici s’il ne désire être dupé un peu ! (…) « Germaine dans les Aurès » avec ses figurines découpées et projetées comme des peintures rupestres en mouvement, ses plaques sensibles manipulées avec une précision jubilatoire, comble et amuse le spectateur avide de savoir (…) « Germaine à Ravensbrück » , hommage à la fantaisie et au théâtre par la simplicité des moyens : formidable énergie des trois actrices qui littéralement raniment l’opérette bricolée au fond du carton, poésie, émotion et admiration…
ZIBELINE -  Marie-Jo Dho

Il était une fois Germaine Tillion est un étrange et puissant objet théâtral modelé par Xavier Marchand à partir de la vie et des écrits de la célèbre ethnologue et résistante. On pourraits’attendre à une forme ennuyeuse, mais non… le spectateur va de surprises en émerveillements.L’évocation du camp de Ravensbrück où elle fut déportée, est particulièrement remarquable. (…)
La jeunesse des actrices, leur jubilation à jouer, danser, chanter réussissent l’exploit de rendresupportable cet indicible récit d’horreur et de mort. Le talent de Camille Grandville au jeu tranquille et retenu dans le rôle de Germaine Tillion y est aussi pour quelque chose. (…)
Un grand spectacle magistral et léger, toujours surprenant à l’image de cette très grande dame.
LE CESAR - Marie-Hélène Bonafé

IL ETAIT UNE FOIS GERMAINE TILLION

GERMAINE TILLION | XAVIER MARCHAND

11 > 21 FÉV 2016 / Studio Casanova

Février

Date Horaire Lieu
Je 11 19:00 Studio Casanova
Ve 12 19:00 Studio Casanova
Sa 13 16:00 Studio Casanova
Di 14 16:00 Studio Casanova
Ma 16 19:00 Studio Casanova
Me 17 19:00 Studio Casanova
Je 18 19:00 Studio Casanova
Ve 19 19:00 Studio Casanova
Sa 20 16:00 Studio Casanova
Di 21 16:00 Studio Casanova

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