Théâtre des Quartiers d’Ivry

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L’ABATTAGE RITUEL DE GORGE MASTROMAS

DENNIS KELLY | MAÏA SANDOZ

24 AVR > 05 MAI 2017 / Manufacture des Œillets / Le Lanterneau

“ - Il achetait des sociétés, regardait les gens droit
dans les yeux en leur disant “ Vous ne serez pas virés ”.
- Et il les virait.”

Que feriez-vous si vous pouviez tout faire sans culpabiliser ?
Ou plutôt, jusqu’où iriez-vous ?
Gorge est un enfant gentil, un adolescent sympathique et un jeune homme honnête. Gorge a toujours fait ce qui était convenable du point de vue moral. Mais Gorge a toujours été du côté des perdants. Or, la vingtaine passée, une chance unique s’offre à lui. Il s’en empare pour enfin faire partie du camp des vainqueurs. Il devient un impitoyable menteur, ne s’embarrasse plus des convenances, et s’approprie ce qui lui plaît, jusqu’à devenir un monstre, un ignoble individu corrompu et sans vergogne, richissime et très, très seul.
Dans L’Abattage rituel, Dennis Kelly nous rappelle que nos choix ne sont bons ou mauvais qu’au regard de l’Histoire ; il nous livre, avec sa toute dernière pièce, une mythologie monstrueuse d’une formidable modernité. Il s’agit d’une pièce clairement à charge contre l’ultra-libéralisme, qui tue méthodiquement l’humanité en chacun d’entre nous. La traduction de Gérard Watkins ajoute une poétique singulière à cette œuvre drôle et terriblement cruelle.
Avec un humour corrosif, Dennis Kelly pose la question de la place de la morale dans nos vies, et donc de nos choix, dans la lignée des Moralités anglaises du XVIeme siècle. Ce genre théâtral consistait à dissiper les illusions, à faire tomber les masques et à remplacer les apparences trompeuses par la réalité. Ce conte noir et corrosif fait fortement écho à notre société “ décomplexée ”, en effet, aujourd’hui les salauds ne se cachent plus, la corruption et l’immoralité sont contagieuses, la bêtise et l’ignorance assumée se généralisent.
Maïa Sandoz

DENNIS KELLY
Né en 1970 à New Barnet, il commence à écrire vers l’âge de 20 ans. Ses textes abordent les questions contemporaines les plus aiguës. Après Débris en 2003, il écrit Oussama, ce héros, Après la fin, Love and Money, Occupe-toi du bébé et Acide Désoxyribo Nucléique, Orphelins, The Gods Weep. En 2013, il écrit une adaptation de la pièce de Georg Kaiser De l’aube à minuit et la même année sa dernière pièce L’Abattage rituel de Gorge Mastromas est présentée au Royal Court. Ses pièces sont jouées et traduites dans le monde entier. En 2009, il est élu meilleur auteur étranger par le magazine Theatre Heute en Allemagne.

MAÏA SANDOZ
Artiste associée au Théâtre des Quartiers d’Ivry.
Elle se forme à l’Ecole du Studio d’Asnières et à l’Ecole du Théâtre National de Bretagne. En 2002, elle co-fonde le collectif DRAO. Elle co-dirige La Générale, coopérative artistique, politique et sociale de 2005 à 2015. Co-fondatrice avec Paul Moulin du Théâtre de l’Argument en 2006, elle met en scène son propre texte Maquette Suicide, Le Moche de Marius Von Mayenburg, Sans le moindre scrupule... d’après Heiner Müller. En 2013 elle crée à La Générale, la Trilogie Mayenburg (Le Moche, Voir Clair et Perplexe), jouée au Théâtre des Quartiers d’Ivry en 2015.

Production Théâtre de L’Argument / Coproduction Le Théâtre de Rungis, Le Théâtre des Quartiers d’Ivry Centre Dramatique National du Val-de-Marne, La C.C.A.S., Centre Dramatique d’Orléans / Loiret / Centre.
Avec le soutien de la DRAC Île-de-France, du Conseil départemental du Val-de-Marne, d’Arcadi Île-de-France, du Jeune Théâtre National, du Théâtre Studio d’Alfortville, des Théâtrales Charles Dullin, du Théâtre Paris Villette et du T2G.

CRÉATION

Durée > 1h45

texte Dennis Kelly
Editions de l’Arche
mise en scène
Maïa Sandoz
traduction
Gérard Watkins
assistante mise en scène
Clémence Barbier
création son
Christophe Danvin
création lumière
Julie Bardin
scénographie et costumes
Catherine Cosme
collaboration artistique
Paul Moulin
Guillaume Moitessier
production
Alice Perot Hodjis
Fabienne Coulon

avec
Adèle Haenel
Aurélie Vérillon
Paul Moulin
Serge Biavan
Gilles Nicolas
Maxime Coggio
Christophe Danvin

L’ABATTAGE RITUEL DE GORGE MASTROMAS

DENNIS KELLY | MAÏA SANDOZ

24 AVR > 05 MAI 2017 / Manufacture des Œillets / Le Lanterneau

3, 4 et 5 novembre 2016 > CDN d’Orléans Loiret-Centre
du 9 au 19 novembre 2016 > Théâtre Studio d’Alfortville
25 novembre 2016 > Théâtre de Chelles
19 avril 2017 > Théâtre de Rungis

L’ABATTAGE RITUEL DE GORGE MASTROMAS

DENNIS KELLY | MAÏA SANDOZ

24 AVR > 05 MAI 2017 / Manufacture des Œillets / Le Lanterneau

Dimanche 30 avril - RENCONTRE
avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation de L’abattage rituel de George Mastromas
 

MASTERCLASS
> Atelier de pratique théâtrale dirigé par Maïa Sandoz
Metteuse en scène de L’Abattage rituel de Gorge Mastromas - texte Dennis Kelly
Samedi 29 et dimanche 30 avril
Inscription obligatoire
> En savoir +

L’ABATTAGE RITUEL DE GORGE MASTROMAS

DENNIS KELLY | MAÏA SANDOZ

24 AVR > 05 MAI 2017 / Manufacture des Œillets / Le Lanterneau

L’Abattage rituel de Gorge Mastromas,
une ode poétique et sépulcrale à une ordure


Féroce, le conte noir de Dennis Kelly prend couleur et air de fête burlesque grâce au talent de metteuse en scène de Maïa Sandoz. Empruntant les codes d’une société à la dérive, mélangeant les genres, elle brosse une satire drôle et captivante du monde moderne dominé par le capitalisme et l’ultralibéralisme. Porté par une troupe épatante et complice de comédiens, ce bijou d’humour noir captive. (...)

En portant sur les planches cette fable sombre et contemporaine, Maïa Sandoz inter­roge nos consciences et dénonce le monde d’au­jourd’hui. Soulignant ingénieusement le texte acide et féroce de Dennis Kelly, elle lui donne une force, une puissance et une dimension burlesque qui touche et captive. La metteuse en scène s’en donne à cœur joie. Elle mêle astucieusement les genres théâtraux, s’appuie sur les rebondisse­ments voulus par l’auteur pour mieux nous saisir, nous chambouler et ouvrir nos consciences.

Le monde va mal. Les Gorge Mastromas de tout poil l’ont mis en coupe réglée. Riches, amoraux, corrompus jusqu’à la moelle, ils le dépè­cent avec jubilation et cruauté. C’est cet état de fait où corruption et corruptibilité pourrissent tout, que Dennis Kelly et Maïa Sandoz rapportent avec force et humour. C’est l’essence même de leur réflexion sur notre société. Loin de plomber l’ambiance par autant de noirceur, de dureté et de férocité, l’auteur comme la metteuse en scène privilégient le divertissement et signent une pièce étonnement drôle et touchante, un moment de théâtre rare et intense. (...)

Éminemment politique, subversif, hila­rant, L’abattage rituel de Gorge Mastromas est une leçon de théâtre, une gourmandise acide et savoureuse qui se déguste avec un malin plaisir, une rage folle… un moment à ne rater sous aucun prétexte !

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore - Médiapart - Blog l’Œil d’Olivier.


Un beau travail signé Maïa Sandoz avec une équipe d’acteurs qui jouent collectif.

A travers sa pièce « L’abattage rituel de Gorge Mastromas », Dennis Kelly fait le portrait à facettes d’un gars timoré devenu magnat du libéralisme.
Le lendemain même de l’élection de Don­ald Trump, Maïa Sandoz créait la version française de L’Abattage rituel de Gorge Mastromas de l’au­teur anglais Dennis Kelly dans une traduction parfaite de Gérard Watkins (la pièce a été écrite en 2013). Cela ne pouvait pas mieux tomber. En matière de mensonges, d’arrogance et de sur-puissance, Donald et Gorge font la paire, chacun y déploie avec morgue la panoplie des ruses du libéralisme. L’avantage de Gorge sur Donald, c’est que sa vie est écrite par un auteur dramatique re­tors, mise en scène et jouée par une équipe qui ne manque pas de ressort. (...)
 
Conception, naissance, vie et pour ain­si dire mort de Gorge Mastromas, tel est le fil de la pièce mais son écriture rebat les cartes. Kelly part d’un récit (distribué en une multitude de voix que chaque mise en scène peut canaliser et dis­tribuer comme elle le souhaite) pour, peu à peu, entrer dans le théâtre de la vie de son héros. (...)

La pièce est admirable mais la façon dont elle est mise en scène et jouée l’est tout autant. Car c’est un travail d’équipe, où le décor (Catherine Cosme) n’a pas pu être conçu sans la complicité des acteurs, où la musique (Christophe Danvin et Jean-François Domingues) live est complètement intégrée au jeu, où les acteurs s’épaulent, solid­aires, pour défendre ensemble ce texte qui met le doigt sur tout ce qu’ils détestent et qui les en­toure, comme il nous entoure.
Maïa Sandoz retrouve les acteurs qui avaient fait le succès de sa trilogie Le Moche / Voir clair / Perplexe (lire ici), trois textes de Marius von Mayenburg, créés à la Générale (avenue Parmenti­er à Paris) dont elle était alors l’animatrice avec Paul Moulin. Outre ce dernier, on retrouve donc Adèle Haenel (qui depuis a fait du chemin au ciné­ma mais, à l’évidence, jubile au théâtre), Aurélie Vérillon, Serge Biavan, et Christophe Danvin, re­joints pour l’occasion par Gilles Nicolas et Maxime Coggio. En créant L’Abattage rituel de Georg Mastromas au Stu­dio-Théâtre d’Alforville, le Théâtre de l’Argument ne se trompe ni de pièce ni d’adresse.

Jean-Pierre Thibaudat - Médiapart


Maïa Sandoz, de main de maître

La metteuse en scène présente un spec­tacle aussi original que jubilatoire, une pièce du Britannique Dennis Kelly qui raconte le parcours d’un homme que l’on suit de sa conception à son âge adulte, de l’inocence au cynisme. Huit comédi­ens, parmi lesquels Adèle Haenel, s’en donnent à coeur-joie.
En quelques années, Maïa Sandoz s’est imposée comme l’une des personnalités les plus intéressantes dans la relève de la mise en scène. (...)

Avec cette mise en scène de la pièce du Britannique Dennis Kelly, étrange pièce à l’étrange titre : The Ritual Slaughter of Gorge Mastromas (L’Abattage rituel de Gorge Mastromas, traduc­tion Gérard Watkins) elle confirme ses qualités.
Elle dirige huit comédiens, Serge Biavan, Maxime Coggio, Christophe Danvin, Adèle Hae­nel, Paul Moulin, Gilles Nicolas, Aurélie Vérillon, suivant la structure très particulière de l’oeuvre récente de Dennis Kelly qui, avec sa cinglante iro­nie et une fantaisie blagueuse et noire, nous racon­te la vie de ce Gorge Mastromas de sa conception à ses années adulte. Ou comment un gentil petit garçon devient un être peu fréquentable, obsédé par la réussite matérielle.
La forme est très jubilatoire pour les comédiens. Elle est chorale. L’écriture est part­agée et l’ouverture est à cet égard saisissante.

On n’a pas trop envie de détailler la manière, le régime de ce récit haletant, pas plus que les trouvailles de Maïa Sandoz qui introduit des ruptures supplémentaires, des bouffées bur­lesques encore plus puissantes que celle de l’écrit­ure et ne lâche jamais le fil cruel de la narration.

Les comédiens, galvanisés, sont excellen­tissimes. (...)

On rit beaucoup. La pièce est très allègre, mais répétons-le très cruelle. Mais Dennis Kelly comme Maïa Sandoz le savent : aussi lourd soit le poids des faits, des pensées, des analyses, tout doit demeurer du côté du divertissement. Si vous n’aviez qu’une seule soirée pour le théâtre ces jours-ci, c’est à cette bizarre et enthousiasmante entreprise qu’il faudrait donner la préférence. On y dénonce les dérives morbides de la fascina­tion pour la réussite matérielle dans une société ultra-libérale, mais on y fait surtout un théâtre de notre temps. Un théâtre d’aujourd’hui dans le fond comme dans la forme. Rare, si rare !

Armelle Héliot - Le Figaro.fr

L’ABATTAGE RITUEL DE GORGE MASTROMAS

DENNIS KELLY | MAÏA SANDOZ

24 AVR > 05 MAI 2017 / Manufacture des Œillets / Le Lanterneau