Théâtre des Quartiers d’Ivry

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L’ADVERSAIRE

Itinéraire Bis

EMMANUEL CARRERE | FRÉDÉRIC CHERBŒUF

29 MAR > 08 AVR 2016 / Studio Casanova

COMPAGNIE LA PART DE L’OMBRE

La Vérité existe-t-elle ?
Sujet du Bac de philo de 1971.
Jean-Claude Romand obtient 16 / 20.

Le 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand tue sa femme, ses enfants, ses parents, puis tente, mais en vain, de se tuer lui-même.
L’enquête révèle très vite qu’il n’était pas médecin comme il le prétendait et, chose plus difficile encore à croire, qu’il n’était rien d’autre. Il mentait depuis dix-huit ans, et ce mensonge ne recouvrait rien.
Près d’être découvert, il a préféré supprimer ceux dont il ne pouvait supporter le regard.
Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

Fasciné par cette histoire, Emmanuel Carrère décide d’en faire le sujet d’un récit qui mettra plus de cinq ans à aboutir : ce sera L’ Adversaire, une enquête dans laquelle la dérangeante fascination de l’auteur pour son sujet se mêle à son dégoût d’écrire sur le “ monstre ”. La compassion pour le bourreau devient une forme de complicité et Emmanuel Carrère nous entraîne avec lui dans cette plongée en Enfer.

Nous mettons ici en mouvement une matière qui n’est a priori pas faite pour le théâtre. Une adaptation du roman a donc été nécessaire. Adaptation fidèle et libre à la fois. Le spectacle n’est pas la reconstitution du fait divers mais bien celle de l’élaboration du livre et de la recherche obstinée et douloureuse du “ point de vue ”. Ainsi Jean-Claude Romand disparaît pour laisser la place à l’auteur - narrateur qui sera omniscient, “ passe-murailles ”, tour à tour observateur et acteur de l’enquête.

Nous nous appuyons sur trois différentes formes d’écriture : ECRITURE DOCUMENTAIRE (témoignages, scènes d’interrogatoires, reconstitutions), RÉCIT (Emmanuel Carrère dans son rôle de maître de cérémonie et de fil conducteur) et SÉQUENCES DIALOGUÉES. Parce qu’Emmanuel Carrère est aussi un homme d’images, le texte s’écrit en chapitres et séquences. Montage, découpage. Le cinéma n’est jamais loin.
Frédéric Cherbœuf

Coproduction Compagnie La Part de l’Ombre, Le Salmanazar – Scène de Création et de Diffusion d’Epernay et le Théâtre des Quartiers d’Ivry - Centre Dramatique du Val-de-Marne.
Avec le soutien du CENTQUATRE – Paris, de l’ADAMI et de la SPEDIDAM. En coréalisation avec le Théâtre Paris-Villette – Scène Contemporaine Jeunesse, établissement de la Ville de Paris.

CREATION

Durée estimée > 2h00

d’après l’ouvrage
d’Emmanuel Carrère
P.O.L Editeur, 2000
mise en scène
Frédéric Cherbœuf
adaptation
Vincent Berger
et Frédéric Cherbœuf
scénographie et lumières
Jean-Claude Caillard
costumes
Nathalie Saulnier
administration de production
Ana Marillier

avec
Vincent Berger
Camille Blouet
Jean De Pange
Gretel Delattre
Alexandrine Serre
Maryse Ravera
et en alternance
Frédéric Cherbœuf
Volodia Serre

L’ADVERSAIRE

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EMMANUEL CARRERE | FRÉDÉRIC CHERBŒUF

29 MAR > 08 AVR 2016 / Studio Casanova

19 FEVRIER > Centre Culturel Voltaire - Déville-Lès-Rouen
16 au 26 MARS > Théâtre Paris-Villette

L’ADVERSAIRE

Itinéraire Bis

EMMANUEL CARRERE | FRÉDÉRIC CHERBŒUF

29 MAR > 08 AVR 2016 / Studio Casanova

> Rencontre avec l’équipe artistique
à l’issue de la représentation
DIMANCHE 3 AVRIL

L’ADVERSAIRE

Itinéraire Bis

EMMANUEL CARRERE | FRÉDÉRIC CHERBŒUF

29 MAR > 08 AVR 2016 / Studio Casanova

Frédéric Cherboeuf adapte et met en scène avec beaucoup d’intelligence le récit d’Emmanuel Carrère
L’intérêt de la pièce de Frédéric Cherboeuf est de redonner sa subjectivité au récit de Carrère. (...)
Cherboeuf prend Carrère à son propre jeu. Dans le prologue, il se met en scène rendant visite a l’écrivain pour lui demander l’autorisation de mettre en scène L’Adversaire. L’écrivain le reçoit avec une indifférence polie Cherboeuf lui pose des questions. Croyez-vous a la conversion de Romand ? Est-ce indécent de monter ce texte en 2015 alors qu’il va être libérable? Carrère est passé à autre chose on est en 2014, il s’apprête a sortir Le Royaume. Cherboeuf quitte le plateau avec ses questions sans réponses. Carrère, lui, reste pour commencer à raconter l’histoire de Romand qui est aussi son histoire avec Romand. Vincent Berger, qui cosigne I’adaptation, le joue avec beaucoup de justesse sans tomber dans l’imitation. (...)
La version scénique éclaire avec beaucoup d’intelligence la relation entre l’écrivain et le criminel. Le monstre à visage humain.
Etienne Sorin - FIGAROSCOPE

Théâtre : « L’Adversaire », voyage au bout du mensonge
L’adaptation du roman d’Emmanuel Carrère par la Compagnie La Part de l’Ombre est à l’affiche des Quartiers d’Ivry, après dix jours au Théâtre Paris-Villette. L’occasion de découvrir un spectacle brillant et troublant sur l’incroyable imposture criminelle de Jean-Claude Romand.
Désirs sombres.
Dans le roman, finalement publié en 2000, Carrère tient la place d’enquêteur minutieux. Qu’est-ce qui a poussé cet homme à s’enfoncer à ce point dans le mensonge ? Comment a-t-il réussi à berner si complètement son monde ? La brillante adaptation théâtrale de la compagnie La Part de l’Ombre suit également le sentier de l’enquête. Elle ne met pas seulement en scène cette figure mystérieuse, mais aussi à la sidération qu’elle provoque. Comme dans le roman, la parole est laissée tour à tour à l’écrivain et au meurtrier, sans oublier les amis de la famille, l’ex-maîtresse du criminel, ou ceux qui vont le visiter en prison. Le maillage des témoignages assouvit les désirs sombres de l’âme des spectateurs.
On est comme hypnotisé par Vincent Berger, qui incarne à la fois le romancier et Jean-Claude Romand. Il est entouré d’acteurs brillants qui travaillent pendant tout le spectacle à composer un puzzle sans modèle.On ne sait jamais où l’on va, mais on y va... on se laisse porter, avec l’envie de pousser encore plus loin la découverte. Moins troublé par la parole du meurtrier, que par la fascination mortifère qu’elle engendre
LES ECHOS.FR

Représenter l’impensable
Frédéric Cherboeuf adapte L’Adversaire d’Emmanuel Carrère. Une réussite.(...)
Dans son adaptation théâtrale du livre (POL, 2000), Frédéric Cherboeuf met en abyme le geste de Carrère avec élégance et un sens aiguisé de l’hybride.
Dans son propre rôle, le metteur en scène ouvre la pièce par un dialogue avec le romancier, interprété par Vincent Berger, qui a participé à l’adaptation du texte et incarne aussi le meurtrier. Il formule son intérêt non seulement pour Romand, qu’il voit comme « une sorte de Woyzeck contemporain », mais aussi pour la manière dont l’auteur s’en est emparé. Puis il disparaît, laissant place a l’enquête littéraire d’Emmanuel Carrère et au procès du faux docteur. Le roman était déjà traversé par une réflexion sur l’impossible reconstitution d’un réel aussi aberrant ; la pièce de Frédéric Cherboeuf l’est davantage encore.Elle interroge le jeu du comédien, sa capacité à faire chair d’un mystère existentiel caché derrière sang et mensonges. Les sept acteurs, qui pour la plupart prennent en charge plusieurs rôles, assument pleinement le caractère hétérogène du spectacle. Son mélange de scènes d’entretiens entre l’écrivain et les proches de Jean-Claude Romand, de monologues de l’auteur en proie à ses doutes et de soliloques
du tueur. Le tout sur un plateau encombré de meubles au milieu desquels trône un piano, comme la possibilité du beau au coeur de l’horreur.

Anaïs Héluin - POLITIS

L’Adversaire : sublime, forcément sublime dualité
La Compagnie « La Part de l’Ombre » s’empare de L’Adversaire d’Emmanuel Carrère pour en tirer une adaptation très théâtrale d’une histoire incroyable : celle de Jean-Claude Romand, auteur du meurtre de sa femme, ses enfants et ses parents pour qu’ils ne découvrent pas la vérité sur la réalité de son existence. 
L’Adversaire ne met pas en scène le fait divers : c’est une adaptation du roman d’Emmanuel Carrère inspiré par cette histoire. Emmanuel Carrère ne raconte pas brutalement les faits, mettant son écriture au service de l’énonciation de l’indicible. Il accepte d’observer sa fascination, ses questions annexes qui deviennent primordiales et laisse ainsi la place à tous les points de vue, avant, après, pendant le procès, et autour. Vincent Berger et Frédéric Cherboeuf, dans leur adaptation, parviennent à retranscrire cette richesse d’horizons sans rester collés au roman pour véritablement créer du théâtre.
Dans ce cadre mi-manoir, mi-perchoir, les comédiens évoluent superbement. Rares sont les créations où tout est d’une si belle homogénéité. Chaque rôle est marqué, juste et prenant. Une mention particulière à Vincent Berger qui est à la fois Carrère et Romand, passant de l’un à l’autre en enfilant des lunettes et se courbant : la part d’ombre de l’humain apparaît sous les feux de la rampe.

En tout point, L’Adversaire est fascinant. Le défilé des témoignages dessine une vie incroyablement fausse. Le spectateur est à la fois dans la réalité et dans ses coulisses. Conduit par les questions du romancier, on s’autorise à partager l’excitation d’Emmanuel Carrère, qui en tant qu’écrivain n’est pas soumis au carcan moral qui voudrait que l’on regarde cette affaire avec un oeil réprobateur. Le génie de cette adaptation réside aussi dans la façon de faire passer la critique de la fascination mortifère dans le visage de certains personnages, comme Marie-France, visiteuse de prison, qui pense avoir reconnu Jésus en Jean-Claude.
Alors pourquoi montrer ça ? On est face à une incroyable tragédie où le héros est la vérité : inlassablement assaillie, bafouée, elle triomphera forcément face au mensonge. L’histoire de Romand ne fait pas envie, à aucun moment le public est invité à lui pardonner. Le mystère demeure. On est bouche bée qu’une telle histoire soit possible, la réalité dépasse la fiction et n’en devient que plus passionnante.
Adrien Volle - SCENEWEB

Une mise en scène précise, détaillée et délicate
Le metteur en scène Frédéric Cherboeuf reprend à son compte – une belle mise en abyme théâtrale en cascade – les questionnements de l’écrivain, le spectacle ne reconstituant pas le fait divers morbide mais bien l’élaboration du livre.
C’est ainsi que dans une manière de double regard pour le public retranché dans la salle – les Assises -, le metteur en scène de L’Adversaire – l’acteur Frédéric Cherboeuf, intrigué et passionné, vient interroger l’auteur – l’acteur Vincent Berger -, de la même façon que ce dernier était venu interroger l’auteur des crimes, la première fois, par lettre à laquelle réponse ne fut accordée que deux ans plus tard, puis au cours de visites ultérieures en prison, des travaux préparatoires du livre. L’adaptation repose sur une écriture documentaire – interrogatoires, témoignages et reconstitutions -, sur le récit de l’auteur Emmanuel Carrère – regard éthique et esthétique – sur des séquences significatives entre proches ou entre journalistes.
La mise en scène est précise, détaillée et délicate, tout en faisant une large place à l’énigme, le mystère et l’indécidable qui entoure cette affaire si noire et tragique.
Camille Blouet insuffle à ce monde, grâce à son piano, un envol qui quitte magistralement la chape de plomb d’événements maudits. Les amis et les visiteurs Jean de Pange, Gretel Delattre, Alexandrine Serre et Maryse Ravera -, hommes et femmes égarés, évoquent avec une humilité incertitudes et pertes de repères. Vincent Berger incarne la malédiction d’une vérité qui se cherche et ne se laisse pas atteindre, interprètant le romancier, mais aussi le bourreau, le renégat ultime.
Le théâtre est un beau laboratoire de recherche sur l’indécidable existentiel.
Véronique Hotte - HOTTELLO

Remarquable
Sous la direction de Frédéric Cherboeuf tous les comédiens jouent avec une justesse remarquable, notamment le formidable et impérial Vincent Berger qui incarne à la fois Romand et Carrère : une paire de lunettes, un dos un peu plus voûté, une voix légèrement plus tremblante et le comédien caméléon se transforme. Bluffant.
Les autres sont au diapason, de Gretel Delattre en maîtresse fatiguée des mensonges mais fascinée par son amant, à Maryse Ravera en visiteuse de prison passionaria aveugle ou Alexandrine Serre en institutrice manipuléevexée. Camille Blouet interprète la femme de Carrère et s’installe régulièrement au piano, dos au public : des intermèdes qui accompagnent fort à propos les comédiens en contrepoint à l’ignominie des faits. Quant à Frédéric Cherboeuf, installé au coeur même du public, il intervient, interroge Carrère, Romand, les témoins. Un procédé qui plonge habilement le spectateur au coeur même du procès mais aussi des doutes de l’écrivain : nous sommes spectateurs, observateurs, témoins privilégiés, oreilles attentives.
Bref, L’adversaire est une mise en abyme impressionnante de justesse et de précision qui grâce à la large palette de procédés théâtraux, sa mise en scène brillante et son interprétation remarquable offre au spectateur un prisme polymorphe édifiant et haletant sur la nature humaine.
Remarquable.
THEATR’ELLE

On en sort secoués mais ravis
Ainsi le spectateur n’est pas mis face à une histoire sordide où la seule fascination morbide serait le moteur de sa présence. Il est plutôt invité à partager la distance, la dualité de sentiments que le romancier éprouve pour cet homme avec qui il correspond, mais aussi les questions sans réponses : à quoi a-t-il pensé durant toutes ces années ? Comment le mensonge peut-il prendre de telles proportions ?
La mise en scène et l’ensemble des comédiens s’évertuent à nous montrer tous les aspects de l’affaire avec sincérité, horreur et questionnements. On suit la construction du personnage, son procès, sa chute et la fascination qu’il opère sur ceux qui viennent le voir en prison. Ce spectacle combine parfaitement la facilité d’une histoire prenante et l’exigence dramatique du théâtre, on en sort secoués mais ravis.
Adrien Volle - THEATRAL MAGAZINE.COM

Un même vertige
Aujourd’hui c’est le livre d’Emmanuel Carrère, L’adversaire, que met en scène Fréderic Cherboeuf dans une adaptation qu’il a réalisée avec Vincent Berger. Ce dernier interprète également l’écrivain, qui parfois devient Romand soulignant ainsi la confusion dans laquelle semble avoir baigné l’auteur tout au long de ce difficile accouchement.
Plus que l’histoire du drame en lui-même, c’est en effet sa démarche qui est ici présentée avec ce qu’elle peut avoir de trouble, d’attirance pour l’inexplicable, de honte aussi parfois. La mise en scène de Fréderic Cherboeuf et la scénographie intelligente signée Jean-Claude Caillard mettent tous ces éléments en évidence le long de presque deux heures captivantes et éprouvantes.
Les comédiens campent avec réalisme les différents protagonistes, l’ami de toujours, la maîtresse, des journalistes et Maryse Ravera, incroyable visiteuse de prison, qui fait frémir lorsqu’on pense que le seul recours de cet homme se borne à des êtres disons le, un peu illuminés. Ajoutons la prestation de Camille Blouet qui scande certains passages au piano, soulignant la force de certains mots de placages d’accords sonores ou coulant parfois plus harmonieusement. Vincent Berger est exceptionnel dans ce double rôle qu’il maîtrise savamment, passant de l’auteur célèbre et respecté en proie aux doutes, au meurtrier, qu’il campe d’un changement d’attitude, de voix, d’expression, chaussant maladroitement une paire de lunettes.
Deux êtres dissemblables mais en proie semble-t-il à un même vertige, celui que donne le sentiment d’inéluctable, d’une puissance inconnue qui guiderait nos actes et leurs conséquences. L’adversaire.
Nicole Bourbon - REGARTS

Une dimension politique

Mise en scène par Frédéric Cherboeuf, la partition qui adopte une forme séquentielle calquée sur celle des docu-fictions télévisées traitant des affaires criminelles avec une combinaison de témoignages, récits et scènes dialoguées, met l’accent sur deux intéressantes thématiques qui peuvent faire débat et lui donne donc une dimension politique.
D’une part, la fascination-répulsion éprouvée par le romancier au point de d’altérer l’indispensable distanciation critique qui est interprété par Vincent Berger incarnant également, et de manière crédible et efficace, le criminel.
D’autre part, la translation de la déviance et de la pathologie mentale mais vers le mystère du mal et la dimension spirituelle de la conscience et son éventuelle conséquence sur le champ pénal des circonstances atténuantes.
MM - FROGGYDELIGHT

L’ADVERSAIRE

Itinéraire Bis

EMMANUEL CARRERE | FRÉDÉRIC CHERBŒUF

29 MAR > 08 AVR 2016 / Studio Casanova

Mars

Date Horaire Lieu
Ma 29 20:00 Studio Casanova
Me 30 20:00 Studio Casanova
Je 31 19:00 Studio Casanova

Avril

Date Horaire Lieu
Ve 01 20:00 Studio Casanova
Sa 02 18:00 Studio Casanova
Di 03 16:00 Studio Casanova
Ma 05 20:00 Studio Casanova
Me 06 20:00 Studio Casanova
Je 07 19:00 Studio Casanova
Ve 08 20:00 Studio Casanova

Dossier pédagogique