Théâtre des Quartiers d’Ivry

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LA CERISAIE

ANTON TCHEKHOV | YANN-JOEL COLLIN

09 MAI > 05 JUIN 2016 / Théâtre d'Ivry Antoine Vitez

CREATION

LOPAKHINE - “ Hier, j’ai vu une pièce de théâtre, très amusante.

LIOUBOV ANDREEVNA - Je suis sûr qu’elle n’avait rien d’amusant. Plutôt que de regarder des pièces, vous tous, vous feriez mieux de vous regarder vous-mêmes.”


Jouer La Cerisaie comme un vaudeville
En jouant La Mouette de Tchekhov, j’ai pris conscience à quel point son écriture était éminemment théâtrale, au sens où elle permettait de mettre en jeu la construction du théâtre avec le public. Je souhaite aujourd’hui prolonger cette aventure en montant La Cerisaie.
Jouer La Cerisaie comme un vaudeville…” disait Vitez. Cette invitation au plaisir immédiat du théâtre est suggérée à tout instant par le texte, et relie la comédie à des interrogations majeures sur l’existence : La Cerisaie est une comédie qui fait le deuil pour provoquer un nouveau départ.
Notre dispositif scénique sera le théâtre lui-même. Nous voulons alors entraîner le public dans ce jeu de la perte des repères, où la séparation scène/salle elle-même s’abolit dans un espace devenu commun à tous.
Tchekhov nous permet ainsi de partager jusqu’au bout avec le public l’expérience de la création, et en particulier à travers l’acteur en le plaçant dans des situations où sa propre fragilité est mise en jeu par le texte lui-même. Le plateau est ainsi le lieu d’une production du réel par la fiction. Compte tenu du désordre qu’on crée sur le plateau, l’aveu du personnage qui se questionne sur sa raison d’être devient immédiatement une interrogation de l’acteur, partagée avec le public, sur sa condition et sur la représentation : va-t-elle continuer, comment va-t-elle continuer, qu’est-ce qu’on fait là tous ensemble, dans cette salle de théâtre et dans le monde ?
Yann-Joël Collin

Production La Nuit surprise par le Jour.
Coproduction Théâtre des Quartiers d’Ivry, Centre Dramatique National du Val-de-Marne.
En partenariat avec le Théâtre de Chelles.
La Nuit surprise par le Jour est soutenue par la DRAC Ile-de-France (Ministère de la Culture et de la Communication) au titre du conventionnement.
Remerciements au Théâtre de l’Echangeur – Cie Public Chéri
La SPEDIDAM est une société de perception et de distribution qui gère les droits des artistes interprètes en matière d’enregistrement, de diffusion et de réutilisation des prestations enregistrées

mise en scène
Yann-Joël Collin
traduction
André Markowicz
Françoise Morvan
collaboration artistique
Pascal Collin
Nicolas Fleury
Thierry Grapotte
musique
Antonin Fresson
musiciens
Adrian Edeline
Florian Pons

direction technique
Frédéric Plou
régie son
William Lopez
administration
Yvon Parnet
diffusion
Nathalie Untersinger
avec
Sharif Andoura
Cyril Bothorel
Marie Cariès

Sandra Choquet
Manon Combes
Pierre-François Garel

Yordan Goldwaser
Eric Louis
Barthélémy Meridjen
Alexandra Scicluna

Sofia Teillet
Tamaïti Torlasco


LA CERISAIE

ANTON TCHEKHOV | YANN-JOEL COLLIN

09 MAI > 05 JUIN 2016 / Théâtre d'Ivry Antoine Vitez

Nous sommes tous "La Cerisaie"
Yann-Joël Collin avait délibérément mis à bas le fameux "quatrième mur" séparant les acteurs du public dans sa mise en scène de "La Mouette" présentée l’an dernier aux Quartiers d’Ivry. Il a laissé la brèche grand ouverte pour mettre en scène au même endroit une autre pièce emblématique de Tchékhov :"La Cerisaie". Tout le théâtre est transformé en vaste domaine : plateau, salles, travées, coulisses, couloirs, bar, jusqu’à la rue qui borde le bâtiment, sont lieux de jeu et d’action. Les comédiens sollicitent les spectateurs, comme s’ils étaient les invités de la dernière heure… ou peut-être ces estivants qui, cachés derrière les arbres, attendant que la cerisaie soit rasée pour prendre les clefs de leur datcha.
C’est le projet de Lopakhine, le fils de moujik devenu homme d’affaires, qui, faute d’avoir pu gagner à sa cause les maîtres de maison, Lioubov Andréïevna Ranevskaïa et son frère Léonid Andréïevitch Gaev, va lui-même racheter la cerisaie en faillite. Comédie ou drame ? Yann-Joël Collin a pris au mot le défi d’Antoine Vitez - "Jouer "La Cerisaie" comme un vaudeville." Après la cerisaie, le déluge... Tous les personnages ont l’air joyeux (en façade) et déploient une énergie (du désespoir) clownesque. Le moment clé du spectacle est ce bal d’enfer qui sert de vrai-faux entracte (...) On sait que tout est consommé, que la cerisaie est perdue. Mais on fait la fête. On est tous solidaire. Cest à la fois très drôle et émouvant.
Comédiens d’une rare vérité
On habite cette cerisaie, on partage cette fin d’un monde intensément. Car, dans ce chaos théâtral où s’invitent plumes, paillettes et décibels, les comédiens sont d’une rare vérité. Les frère et soeur Léonid-Loubiov (Cyril Bothorel et Marie Caries) sont si frivoles et si tendres, Lopakhine (Eric Louis), si hâbleur, si juste (lorsqu’il fête son "OPA" sur la propriété, on a l’impression que toute la société bascule). De la lumineuse Ania (Manon Combes) au touchant "vieil étudiant" Trofimov (Pierre-François Garel), en passant par l’ardente Varia (Sandra Choquet) et l’ensorceleuse Charlotta (Sofia Teillet), tous nous secouent, nous transportent L’âme russe, faite de rires et de larmes, l’âme libre du beau théâtre planent sur Ivry. Nous sommes tous "La Cerisaie".
Philippe Chevilley - Les Echos

"Oh temps suspend ton vol"
La vie comme un filet dont chaque maille serait courue, mordue, tendue, relâchée par l’énergie et les faiblesses de ceux qui le constituent à un moment donné. C’est le jeu de rôle de La Cerisaie qui concentre de façon subliminale les appétits, les affections de tout un équipage. "Oh temps suspend ton vol" s’alarmait Lamartine. C’est le temps, le véritable héros de La Cerisaie, un temps vécu comme un grimoire brûlé par la chandelle de tous ceux qui l’animent. (...)
La mémoire de certains spectateurs ne sera pas ingrate, elle restera imprégnée des accents mélancoliques et sensuels de Marie Cariès, la curieuse placidité du frère de Lioubov, Gaev, Cyril Bothorel, interpellée par la violence étourdie de l’étudiant Trofimov, Pierre-François Garel, la composition étonnante d’Alexandra Scicluna qui interprète le vieillard Firs, la présence lumineuse de Sharif Andoura, Boris Borissovitch, et le calme apparent de Lopakhine, le marchand sobrement interprété par Eric Louis. Un bel équipage pour cette Cerisaie, toutes voiles dehors, portée avec passion par Yann-Joël Collin, sous l’effluve du temps d’une représentation, chacune étant unique.
Évelyne Trân - theatreauvent.blog.lemonde.fr


L’argent va-t-il tomber du ciel pour racheter cette cerisaie ?
La très longue fête, à la fin de l’acte III, avec guitares électriques et boule à facettes, déborde sur l’entracte, et déboule dans les escaliers du théâtre jusqu’à la rue, a quelque chose de terrible : elle distend en effet presque jusqu’à l’insupportable, l’attente du coup de marteau de la vente aux enchères : " A qui a été vendue la cerisaie ? ".
En même temps, elle nous donne le temps de penser à nos " Trente glorieuses " et aux années bling-bling qui ont suivi, à l’insouciance où nous vivons peut-être encore, avant inventaire et rangement final. Sommes-nous tous de ces aristocrates inutiles et démunis ? Le social, le politique ne sont pas explicitement là mais trouvent leur temps dans cette terrible durée. Le théâtre est-il là pour être " terrible " ? En sortant de cette Cerisaie, on a envie de dire : oui...
Christine Friedel - Théâtre du blog

La magie du théâtre est bien là !
Un rideau rouge, proche d’un mur blanc donne le tempo de l’entrée en scène des personnages de Tchekhov qui, un à un, se présentent. Pas de costume d’époque, pas de signe distinctif, les comédiens de la troupe " La Nuit surprise par le Jour ", défilent, prêts pour le drame.
Mais s’agit-il d’un drame ? Yann-Joël Collin, le metteur en scène, a décidé de suivre les recommandations d’Antoine Vitez et de jouer La Cerisaie comme un vaudeville. Effectivement, à force de portes qui claquent, de gags, de trouvailles burlesques et surprenantes, on traverse La Cerisaie le sourire aux lèvres. (...)
Il faut saluer l’utilisation de la vidéo, intégrée totalement au spectacle, qui confère une profondeur surprenante aux lieux. Les quartiers d’Ivry se métamorphosent en forêts, allées, arbres en fleurs. Saluons aussi le grand talent et l’énergie des comédiens, interprètes d’un drame-vaudeville peu commun. La magie du théâtre est bien là !
Plûme - Des Mots Pour Vous Dire

Autopsie de la nostalgie
Dans un théâtre intitulé Antoine Vitez, quoi de mieux qu’une mise en scène à la Vitez, si c’est effectué avec intelligence, créativité et renouvellement des formes ? Yann-Joël Collin et la Cie " La Nuit surprise par le Jour " ont choisi ce mode pour rendre le théâtre de Tchekhov dans son authenticité. Comme le proposait le maître : " Jouer la Cerisaie en vaudeville ". La gageure est d’avoir produit un théâtre aux portes qui claquent, sans portes ! Puisque le metteur en scène suit à la lettre l’esprit " vitezien " : presque pas de décor, des costumes minimalistes, un éclairage et une scénographie confondant la scène et la salle.
Sébastien Scherr - theatreactu.com

La Cerisaie, comme un feu d’artifice sous la direction de Yann-Joël Collin
L’économie de moyens - relative, puisqu’on a tout de même droit à un petit orchestre sur scène! - permet ici de retourner à l’essence de la pièce: collection de portraits fins des habitants d’un monde à la charnière d’un bouleversement, inadaptation des uns, ascension des autres, le propos est connu. Le dépouillement dans la mise en scène de Yann-Joël Collin souligne le point auquel Tchekhov n’épargne aucun personnage dans la suggestion précise des failles qu’il porte: vacuité, vanité, mesquinerie, lâcheté, les nouveaux maîtres ne sont pas davantage épargnés que les anciens, les serviteurs ne connaissent aucune rédemption, les idéologues sont exposés sans complaisance... ce qui n’exclue pas une certaine tendresse pour leur fragile humanité, ni l’humour. Une mise en scène moderne, très peu costumée, fait résonner cette pièce vieille de plus d’un siècle en permettant sa lecture à la lumière du contexte contemporain. Et il faut bien dire que l’un des aspects les plus enthousiasmants de cette version de La Cerisaie est que le texte en est restitué avec une parfaite netteté, avec des couleurs, une force et une précision qui le rendent éminemment abordable, vivant, captivant. Le travail au service de la clarté et du sens est admirable. S’agissant de Tchekhov, c’est un exercice qui n’est pas toujours facile à réussir. Les trois heures passées dans le théâtre filent sans qu’on en sente le passage. (…)
Ce théâtre-là se fait dans le plaisir, et cela se sent. Le jeu de Cyril Bothorel est impeccable, mais ce sont surtout les actrices qui portent la pièce: prouesse d’Alexandra Scicluna grimée pour incarner le vieux domestique Firs, énergie éclatante de Manon Combes en Anya, précision du jeu de Marie Cariès et de Sandra Choquet. Mentions spéciales pour Sofia Teillet, bluffante dans ses numéros de music-hall, et pour Tamaïti Torlasco dont la présence rayonne dans la première moitié de la pièce. (…)
Le parti-pris d’inclure le public et de brouiller les frontières de l’espace pour que le jeu envahisse tout le théâtre - et même la rue - est enthousiasmant. Le public s’y prête facilement, surtout quand on l’invite à envahir le plateau transformé en piste de danse le temps de l’entracte. L’utilisation de caméras pour multiplier l’espace scénique n’est pas nouvelle chez Yann-Joël Collin, mais elle est ici utilisée avec efficacité, et et elle a pour vertu de faire bouger autant les lignes du texte que celles des codes du théâtre conventionnel.
Au final, un grand texte aux résonances contemporaines, servi avec brio, dans une mise en scène débordante d’énergie et osant l’inattendu autant que le dialogue: il y a du bon, du très bon à prendre dans cette nouvelle production de La Nuit surprise par le Jour... Signe certain que quelque chose de fort se passe le temps de la pièce, le fait qu’une partie des spectateurs est encore assise au bord du trottoir, devant le théâtre, en pleine nuit, en train de discuter autour d’un verre, alors que la pièce s’est finie depuis plus d’une heure... Un théâtre qui crée du lien?
A voir
Mathieu Dochtermann - Toute la culture.com

LA CERISAIE

ANTON TCHEKHOV | YANN-JOEL COLLIN

09 MAI > 05 JUIN 2016 / Théâtre d'Ivry Antoine Vitez

 8 AU 10 JUIN > Nord Est Théâtre CDN Thionville-Lorraine

 

LA CERISAIE

ANTON TCHEKHOV | YANN-JOEL COLLIN

09 MAI > 05 JUIN 2016 / Théâtre d'Ivry Antoine Vitez

> Rencontre avec l’équipe artistique
à l’issue de la représentation
DIMANCHE 22 MAI

Dossier du spectacle