Théâtre des Quartiers d’Ivry

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LES REINES

NORMAND CHAURETTE | ELISABETH CHAILLOUX

12 > 29 JAN 2018 / La Fabrique

ANNE WARWICK -
L’idée de régner sur cette île
M’est insupportable
Me terrorise
Est un mauvais rêve

Londres, 20 janvier 1483. Un climat d’épouvante règne sur le palais : Richard s’apprête à assassiner les enfants d’Elisabeth pendant que le roi Edouard agonise. Dans la tour, six femmes s’agitent et s’affolent, qui toutes convoitent le trône d’Angleterre.
Immortalisées par Shakespeare, ces reines, triviales et somptueuses, se réincarnent pour perpétuer toute la déraison et la cruauté de leurs exigences tragiques.

Dans les coulisses de Richard III
Arrachées au Richard III de Shakespeare et aux généalogies de la couronne anglaise, les six Reines de Normand Chaurette ont dérivé bien loin de leur source.
La reine Elisabeth, les sœurs Anne et Isabelle Warwick, la Reine Marguerite, la vieille duchesse d’York et Anne Dexter. Et la grande mécanique de l’histoire en marche. Toutes se battent pour la couronne. Sauf Anne Dexter, sœur des rois, femme inexistante, muette, les mains coupées. Immense chant d’amour à elle seule, Anne Dexter donne sens à cette fable.
Dans un monde de brume, ces femmes fantômes revivent comme un rituel ce jeudi 20 janvier, jour de la mort d’Edouard, de la mort de Georges et de la prise de pouvoir de Richard.
Comment échapper à l’histoire, comment s’évader du texte de Shakespeare ? Contre cette histoire écrite par les hommes, les Reines se battent jusqu’au bout. Une arme : la langue.
Elisabeth Chailloux

La langue des Reines
Elles sont là, nos Reines.
Immenses et pitoyables, mégères pantinisées et pietas somptueuses, dansant leur écriture tantôt comme des canards, tantôt comme des cygnes ; leur bouche crachant aussi bien crapauds et vipères que saphirs et rubis, leur souffle bancal arrimé à la langue qui les crée, inépuisables et épuisées, parlant parlant parlant, dans la glu noire du Monde et l’eau claire du Verbe.
Sophie Daull

Normand Chaurette
Né en 1954 à Montréal, il est l’auteur de plusieurs pièces de théâtre dont :
Provincetown Playhouse, juillet 1919, j’avais 19 ans - Fragment d’une lettre d’adieu lu par des Géologues - Les Reines - Le Passage de l’Indiana - Le petit Köchel - Ce qui meurt en dernier.
Ses pièces, créées à Montréal, ont été jouées à New York, Paris, Bruxelles, Florence, Barcelone et Edimbourg.
Normand Chaurette est aussi connu pour ses traductions des textes de Shakespeare.
Il est également romancier (Scènes d’enfants), nouvelliste et essayiste (Comment tuer Shakespeare).

LA DUCHESSE D’YORK -
J’ai régné dix secondes
Et j’ai vu ce que je voulais voir
Je me suis élevée
Sur le sort pitoyable du monde
Et j’ai eu le sentiment bref
De pouvoir le corriger
Dressée au point de trouver
Mon siècle minuscule

Production Théâtre des Quartiers d’Ivry, Centre Dramatique National du Val-de-Marne
Coproduction Comédie de l’Est, Centre Dramatique National d’Alsace

CREATION

Durée
> 1H45

texte
Normand Chaurette
Editions Léméac/
Acte Sud-Papiers
mise en scène
Elisabeth Chailloux
collaboration
artistique
Adel Hakim
scénographie
et lumière
Yves Collet
collaboration
lumière
Léo Garnier
costumes
Dominique Rocher
son
Philippe Miller
vidéo
Michaël Dusautoy
maquillage
Nathy Polak
marionnettes
Einat Landais
assistante à la mise en scène
Isabelle Cagnat
avec
Bénédicte Choisnet
Sophie Daull
Pauline Huruguen
Anne Le Guernec
Marion Malenfant
Laurence Roy

LES REINES

NORMAND CHAURETTE | ELISABETH CHAILLOUX

12 > 29 JAN 2018 / La Fabrique

Elisabeth Chailloux fait briller les Reines.
Pour sa dernière création à la tête du Théâtre des Quartiers d’Ivry, Élisabeth Chailloux met en scène les Reines de Normand Chaurette, une pièce sur la guerre des Roses vue par les personnages féminins. C’est passionnant et d’une rare élégance.

Dans la salle de la Fabrique de la Manufacture des Œillets, imaginée avec son compère Adel Hakim qui nous a malheureusement quittés cet été, Élisabeth Chailloux tire sa révérence à la direction du Théâtre des Quartiers d’Ivry sur un coup de maître. La Fabrique a été conçue pour permettre toutes les formes théâtrales, Élisabeth Chailloux place les six reines de la pièce au cœur d’un dispositif bi-frontal ; elle utilise aussi les coursives pour faire apparaître de temps en temps les personnages. Sur la magnifique chanson "Petite Fille Princesse" des Rita Mitsouko , les sœurs Isabelle et Anne Warwick font du roller, les deux adolescentes rêvent du trône alors que le roi Édouard est entre la vie et la mort.
L’auteur québecois Normand Chaurette a imaginé les coulisses du Richard III de Shakespeare avec uniquement des personnages féminins. Il a d’ailleurs expressément demandé à Élisabeth Chailloux de ne distribuer que des comédiennes, car dans d’autres pays certains metteurs en scène la font jouer par des hommes travestis ! C’est vrai qu’il y a tellement peu de pièces dans le répertoire pour les hommes ! Élisabeth Chailloux a réuni une distribution d’exception sans fausse note ; les six comédiennes sont excellentes (Bénédicte Choisnet en Anne Dexter, Sophie Daull en Duchesse d’York, Pauline Huruguen en Isabelle Warwick, Anne Le Guernec en Reine Elisabeth, Marion Malenfant en Anne Warwick et Laurence Roy en Reine Marguerite). Pendant toute la première partie du spectacle on s’attache d’abord à leur jeu. Leurs visages blafards et cadavériques expriment la rage et la conquête du pouvoir. Dans ce combat en coulisses elles se comportent comme de véritables tigresses, "des charognes" écrit Normand Chaurette dans ce texte corrosif qui n’est pas dénué d’humour.

La brume londonienne envahit le plateau et les coursives, image magnifique d’une scénographie épurée signée Yves Collet d’où se dégage toute la beauté des costumes de Dominique Rocher. Élisabeth Chailloux dirige cette symphonie crépusculaire machiavélique avec une subtile élégance en révélant la poésie de la langue de Normand Chaurette.
Stéphane CAPRON – www.sceneweb.fr


De véritables reines.

À la Manufacture des Œillets, Élisabeth Chailloux a réuni six comédiennes de haut talent. Les aînées, Sophie Daull (la Duchesse d’York), Laurence Roy (la reine Marguerite) et celle dont les fils sont menacés, Anne Le Guernec (Élisabeth). Elles sont impressionnantes.  Marion Malenfant est Anne Warwick, elle aussi sur une ligne ferme. Chaurette a introduit des figures qui ne sont pas dans Richard III. Isabelle Warwick, la sœur (Pauline Huruguen), vive et précise, et Anne Dexter, sœur des rois (Bénédicte Choisnet), profonde et déliée. De véritables reines.
Armelle HELIOT - Le Figaro.fr


Six comédiennes en majesté
C’est faute d’avoir réussi à traduire Richard III que le dramaturge québécois Normand Chaurette a écrit Les Reines, huis-clos tragique entre ces épouses ou mères de souverains qui traversent le théâtre de Shakespeare. Sa pièce est devenue un classique, jouée il y a dix ans par la Comédie-Française.

Elisabeth Chailloux la reprend aujourd’hui dans une scénographie somptueuse qui nous transporte dans les brouillards anglais, les ténèbres des cachots et les blancs d’outre-tombe quand les fantômes des assassinés reviennent troubler la conscience des assassins.
Elles sont six à s’affronter par duels successifs autour d’une couronne et d’un trône noir qui menace toujours de se renverser : la reine Elisabeth tremble pour son mari et ses enfants ; l’ex-reine Marguerite d’Anjou ne réussit pas à s’extraire de ce nid d’intrigues ; les deux soeurs Warwick sont obsédées par le pouvoir, malgré leur jeunesse qui file en rollers ; la vieille duchesse d’York, la mère des rois n’ayant jamais régné sauf en songe pendant dix secondes et Anne Dexter, figure tragique qui paye son refus d’entrer dans la danse par la perte de ses mains et de sa voix.

Rien de changé depuis Shakespeare, qu’on soit femme ou homme, qu’on le veuille ou non, le sceptre ne cause que désastre et désolation. C’est peut-être moins l’effet de l’ambition, suggère l’auteur, que le tragique de la vie. A certains moments, la mise en scène surlonge le propos mais jamais elle n’entrave le jeu magnifique des six actrices, libres et bouleversantes en reines cruelles et sacrificielles.
Patrice Trapier - Théâtral magazine

LES REINES

NORMAND CHAURETTE | ELISABETH CHAILLOUX

12 > 29 JAN 2018 / La Fabrique

> du 6 au 9 février
La Comédie de l’Est Colmar

LES REINES

NORMAND CHAURETTE | ELISABETH CHAILLOUX

12 > 29 JAN 2018 / La Fabrique

RENCONTRE avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du dimanche 14 janvier

LES REINES

NORMAND CHAURETTE | ELISABETH CHAILLOUX

12 > 29 JAN 2018 / La Fabrique

Janvier

Date Horaire Lieu
Ve 12 20:00 La Fabrique
Sa 13 18:00 La Fabrique
Di 14 16:00 La Fabrique
Lu 15 20:00 La Fabrique
Me 17 20:00 La Fabrique
Je 18 19:00 La Fabrique
Ve 19 20:00 La Fabrique
Sa 20 18:00 La Fabrique
Di 21 16:00 La Fabrique
Lu 22 20h La Fabrique
Me 24 20:00 La Fabrique
Je 25 19:00 La Fabrique
Ve 26 20:00 La Fabrique
Sa 27 18:00 La Fabrique
Di 28 16:00 La Fabrique
Lu 29 20:00 La Fabrique

Dossier du spectacle