THÉÂTRE D’IVRY ANTOINE VITEZ

CRÉATION

La Fausse Suivante

La Ferté-sous-Jouarre. Depuis des années, une association d’amis joue à la “ bouillotte “ (succédané du poker) tous les jeudis. On s’ennuie ferme. Une cagnotte a été constituée et il est temps de la casser. Grand moment d’émotion : de cette cagnotte surgit une somme d’argent et la petite troupe décide, à une courte majorité, de faire un voyage d’une journée à Paris. C’est cette folle journée parsemée d’embûches et de grands périls qui est donnée à suivre.
Labiche, dans ses pièces en général et dans La Cagnotte en particulier, ne parle que du “ petit ”. Et de la bêtise humaine. Il ne s’agit chez lui que de petits sentiments, de petites douleurs, de petits rêves et de déceptions du quotidien. Le tout hissé au niveau d’une épopée homérique. Dans un style de jeu rythmé, rapide, vif, les personnages sont montés sur ressort. Sans temps mort, sans se donner l’occasion de réfléchir, ils s’angoissent, se désespèrent, échafaudent des plans, des intrigues, des complots, forcément voués à l’échec, et servent implacablement cette analyse au vitriol de la société petite-bourgeoisie. Cette classe de notables imbue de certitudes, ne réfléchissant qu’à l’aide de clichés et de préjugés, dotée d’œillères qui l’empêchent de rien connaître du monde, se croyant à l’abri de la nécessité et des malheurs, est en réalité très fragile. Du jour au lendemain, simplement parce qu’ils sont à Paris, c’est-à-dire à soixante kilomètres de La Ferté-sous-Jouarre, les personnages vont se retrouver sans le sou, à la rue, clochardisés. Tout simplement parce qu’ils se trouvent plongés dans un milieu dont ils ignorent les codes.

La machine théâtrale de Labiche, basée sur les ressorts du vaudeville, machine ingénieuse, d’une redoutable efficacité, tout entière tournée vers le rire, élève la petitesse et la bêtise (auxquelles nul n'échappe) à un niveau métaphysique.

Adel Hakim

mise en scène Adel Hakim chorégraphie Véronique Ros de la Grange scénographie et lumière Yves Collet
musiques Marc Marder directrice de chant Martine-Joséphine Thomas costumes Agostino Cavalca
assisté de Dominique Rocher son Anita Praz maquillage et perruques Nathy Polak
scultpures Daniel Cendron accessoires Mathieu Bianchi

avec Maryse Aubert - Thierry Barèges - Isabelle Cagnat - Etienne Coquereau - Jean-Charles Delaume
Malik Faraoun - Serge Gaborieau - Nigel Hollidge - Prunella Rivière
et en alternance Bruno Paviot et François Raffenaud

Coproduction Le Théâtre des Quartiers d’Ivry, Les Châteaux de la Drôme - établissement public du Département de la Drôme