THÉÂTRE D’IVRY ANTOINE VITEZ

CRÉATION

Un homme sous influence
Au-delà de la farce avec son cortège de bastonnades, de quiproquos, d’intrigues amoureuses, de lazzi, il y a là l’histoire d’un vieux père qui exerce une domination monstrueuse sur tous et spécialement sur ses propres enfants. Pour vivre dans cette maison, il faut savoir se taire, savoir mentir. Par son vice, le père a corrompu ses enfants. La perspective de leur mort l’enchante et eux souhaitent la sienne. Le père mange dans la gamelle du fils, vend sa fille au plus offrant. Il y a là comme un ordre naturel violé. Dégoût. Avec l’Avare, se raconte l’histoire d’une génération flouée par une autre. Un ordre naturel transgressé.

Nous sommes dans un film de Lars von Trier : Harpagon n’est pas l’Avare, il est juste avare c’est-à-dire sous l’emprise (sous l’influence) d’une “ passion “ comme dirait la philosophie classique, la passion de l’argent. Je pense à certains grands chefs d’entreprise aujourd’hui qui s’accrochent à leur pouvoir jusqu’à devenir l’ennemi de leur descendance. Le viagra leur ouvre des perspectives inespérées et ils se prennent à songer à la vie éternelle. Le témoin ne se passe plus, il doit être arraché à la main du mort. Le génie comique de Molière réside précisément en cela qu’avec les procédés de la farce, il traite un sujet dans lequel est en germe un drame terrible. Fort de ces observations, je pense que toute mise en scène de l’Avare n’atteint réellement son objectif, c’est-à-dire son efficacité maximale, que s’il nous est donné à entendre le drame familial profond.

Nicolas Liautard

mise en scène Nicolas Liautard scénographie Nicolas Liautard et Damien Caille-Perret
lumières Pascal Sautelet assistant à la mise en scène Vincent Wallez

avec Jean-Yves Broustail - Eddie Chignara - Jean Pol Dubois - Nelly Froissart
Lazare Herson-Macarel - Wolfgang Kleinertz - Christophe Reymond - Célia Rosich - Marion Suzanne
et en alternance Nicolas Liautard et Vincent Wallez

Coproduction : La Nouvelle Compagnie, La Ferme de Bel-Ebat à Guyancourt, Le Prisme à Elancourt,
La Scène Watteau – Théâtre de Nogent-sur-Marne.
La Nouvelle Compagnie bénéficie du dispositif emploi tremplin co-financé par la Région Ile-de-France
et le Conseil Général du Val-de-Marne. Avec le soutien du Conseil Général des Yvelines.