THÉÂTRE
5 — 9 mai

Désirer tant

Charlotte Lagrange

2h
© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage
La Fabrique — Salle Adel Hakim
  • mer 05 mai 20h00
  • jeu 06 mai 19h00
  • ven 07 mai 20h00
  • sam 08 mai 18h00
  • dim 09 mai 16h00

Avec Désirer tant, Charlotte Lagrange creuse le sillon d’une écriture à la croisée de l’intime et du politique en déployant une fresque sur trois générations de femmes, de la Seconde Guerre mondiale à aujourd’hui.

En un coup de fil, Véra apprend à la fois l’existence et la mort d’une grand-mère qu’on lui avait toujours cachée. Quand elle arrive avec sa mère près des sapins où elles doivent disperser les cendres, Véra est prise d’une nausée insupportable. Les lieux la relient au passé. Des fantômes apparaissent et croient reconnaître en elle la défunte. Dans un vertige, se rejoue l’histoire d’Olga, cette femme qu’elle n’a jamais connue, depuis sa découverte de la sexualité alors que la Deuxième Guerre mondiale éclatait jusqu’à sa mort recluse dans ce village d’Alsace. Si le silence a été fait sur cette femme, quelque chose s’est transmis de génération en génération et résonne en Véra aujourd’hui.

Les comédiens glissent du présent au passé et vice versa, les temporalités s’enchevêtrent et se répondent comme si une époque était le rêve de l’autre ou son lointain écho.

« Notre existence est souvent justifiée par une origine et moi je n’arrivais pas à me définir une origine précise. Ma grand-mère avait travaillé pour les allemands en Alsace. Ce n’était pas une honte pour elle, ça lui avait permis de se libérer de son père qui la battait et c’était passionnant parce que ça lui avait fait découvrir le travail. Après la guerre, elle s’est mariée avec mon grand-père qui était juif. Ma mère ne comprenait pas du tout que son père n’ait aucune revanche vis-à-vis de l’Allemagne et que sa mère n’ait aucune honte vis à vis de ce qu’elle appelait une collaboration. Moi j’avais grandi dans cette normalité où je ne pouvais pas me dire juive, je ne pouvais pas me dire petite fille de collabo. Un jour, j’ai été frappée par une phrase de ma mère, elle m’a dit qu’elle n’était rien parce qu’elle ne s’identifiait à rien, à aucune identité. Et je suis cette femme aujourd’hui parce que j’ai grandi avec ces deux autres femmes. » Charlotte Lagrange

texte et mise en scène Charlotte Lagrange
avec Clara Lama-Schmit, Jonas Marmy, Julie Palmier, Hugues de la Salle, Marie-Aude Weiss
scénographie Camille Riquier
lumière Mathilde Chamoux
son Samuel Favart
costumes Oria Steenkiste

production La Chair du Monde coproduction La Filature - Scène nationale de Mulhouse, Le NEST - CDN transfrontalier de Thionville-Grand Est, Le Nouveau Relax – Scène conventionnée de Chaumont soutien DRAC Grand Est, SPEDIDAM, La Comédie de Béthune - CDN Hauts-de-France, Théâtre Joliette - Scène conventionnée pour les expressions et écritures contemporaines, La Chartreuse de Villeneuve-Lès-Avignon - Centre national des écritures du spectacle, Théâtre Ouvert et avec la participation artistique du Jeune théâtre national soutien Agence Culturelle Grand Est, ONDA

la compagnie La Chair du Monde bénéficie d'une convention triennale de la Région Grand-Est dans le cadre de l'aide à la structuration.

résidence Le Nouveau Relax - Scène conventionnée de Chaumont, La Menuiserie - TIL de Mancieulles, La Filature - Scène nationale de Mulhouse, Théâtre Joliette - Scène conventionnée pour les expressions et écritures contemporaines

le texte de Désirer tant est lauréat de l'Aide à la création de textes dramatiques ARTCENA